Handsaway, une appli contre le harcèlement de rue

/ le 30 octobre 2016
Handsaway, une appli contre le harcèlement de rue
Un commentaire sur sa façon de s’habiller, un regard insistant, un geste déplacé… Toutes les femmes connaissent ce harcèlement de rue ! Alma Guirao, 29 ans, en a eu marre de se sentir mal à l’aise dans la rue ou dans les transports. Elle a donc lancé HandsAway.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 87% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun, et seulement 2% d’entre elles ont porté plainte. Alm Guirao, elle aussi, a été victime de ces agressions sexistes et n'a pas su quoi faire. Et puis un jour, il y a eu l'agression de trop et elle a décidé d'agir. Elle a créé l'application HandsAway.

Lutter contre les agressions sexistes, banales et quotidiennes

« On s’est rendu compte que les femmes ne se sentaient pas légitime pour porter plainte après une agression sexiste, et même, qu’il y avait un certain tabou, qu’elles n’en parlaient pas. » La fondatrice d’HandsAway a réalisé que le phénomène était devenu tellement banal, que les femmes ne savaient pas où en parler, ni comment en parler et encore moins, comment agir.

Alma Guirao, fondatrice d'HandsAway, par Capture d'écran Twitter

 

Les agressions sexistes, ce sont les mots déplacés dans la rue, un commentaire sur la façon de s’habiller, un homme qui suit une femme, qui la regarde avec insistance alors qu’elle a montré qu’elle n’était pas d’accord… Tous ces actes devenus normaux et quotidiens pour de nombreuses femmes. Des actes qui peuvent créer un mal à l’aise, une peur, pour les femmes dans la rue ou dans les transports en commun.

HandsAway, comment ça marche ?

C’est à partir de cette idée qu’Alma Guirao a lancé l’application HandsAways. « L’idée, c’est de donner aux femmes une possibilité de s’exprimer après une agression sexiste, et de fédérer une communauté de Street Angels pour apporter du réconfort et dialoguer ». Les Street Angels, ce sont tous ceux qui s’inscrivent sur l’application. C’est un peu un réseau social contre les agressions sexistes.   

Il faut d’abord télécharger l’application HandsAway. Puis, on s’inscrit, par mail ou par Facebook. Si on est victime d’une agression sexiste, on va pouvoir déclencher une alerte et rédiger un témoignage sur l’agression. L’alerte est ensuite géolocalisée et envoyée à tous les Street Angels, les anges de rue, qui sont à proximité. Ils vont ainsi pour réconforter la personne victime d’une agression, en rédigeant un commentaire sous l’alerte, en lui demandant si tout va bien, et engager une discussion.

Fonctionnement de l'appli HandsAway, par Capture d'écran de l'appli

 

Pour Alma Guirao, c’est à la fois un moyen de témoigner de ce que l’on a vécu et d’obtenir le soutien d’une communauté.

Géolocaliser pour témoigner

Sur HandsAway, tous les témoignages d’agressions sexistes sont géolocalisés. Alma Guirao souhaite grâce à ces données avoir un vrai aperçu du quotidien des femmes. « On voit des campagnes de sensibilisation, on a quelques chiffres, mais ça concerne de trop faible proportion de femmes. On veut aller encore plus loin. Si des centaines, voire des milliers de personnes téléchargent l’application et témoignent, on aura de vraies donner sur le quotidien des femmes en terme d’agressions sexistes ». HandsAway travaille d’ailleurs avec plusieurs organismes pour que grâce aux données, ils puissent agir, la RATP par exemple.

 

D’ici 6 mois, la fondatrice d’HandsAway espère avoir suffisamment de donner pour faire une cartographie nationale des agressions sexistes, et les faire remonter aux autorités, à la RATP, à la Mairie de Paris, à la région, pour que les pouvoirs publics prennent enfin des mesures sur ce harcèlement devenu trop ordinaire.

Le hastag #HandsAway a aussi été lancé sur les réseaux sociaux.

 

 


 

Photo de couverture : crédits HandsAway

Par Juliette Loiseau

/ le 30 octobre 2016

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