Guantanamo dans le viseur de PJ Harvey

/ le 12 août 2013
Guantanamo dans le viseur de PJ Harvey
L'artiste a dévoilé la semaine dernière une chanson de soutien au dernier prisonnier anglais de Guantanamo. Avant elle, Mos Def dénonçait le gavage des prisonniers en grève de la faim. Et Malgré les promesses d'Obama, la prison n'est toujours pas fermée.

 

Les artistes se mobilisent contre Guantanamo, écoutez le reportage de Jules Vanderhaeghen :

 

En 1975, Bob Dylan écrivait Hurricane, à propos du boxeur américain Rubin Carter emprisonné pour un triple meurtre et libéré au bout de vingt ans sur un non-lieu. Autre temps, autre combat, la chanteuse britannique PJ Harvey milite aujourd'hui pour la libération de l'un des 166 prisonniers de Guantanamo Bay.

 

Shaker Aamer est le dernier britannique encore détenu à Guantanamo. Ce père de famille d'origine saoudienne est incarcéré depuis onze ans dans le centre de détention américain. Pourtant, aucune charge n'a été retenue contre lui et il a été déclaré "libérable" en 2007 par l'administration Bush, puis en 2009 par l'administration Obama.

Shaker Aamer, greetings from Guantanamo 
 

Dans sa chanson à la première personne à la façon d'une lettre écrite par Shaker Aamer, PJ Harvey imagine ses conditions de détention dans la prison américaine.

Pas d’eau depuis trois jours... Je ne peux ni dormir ni rester éveillé... Quatre mois de grève de la faim... Suis-je mort ou en vie ?

 

A Guantanamo, 57 prisonniers détenus depuis des années sans charge ni procès viennent d'entammer leur quatrième mois de grève de la faim. Un mouvement "sans précédent par sa durée et sa magnitude" comme l'a reconnu le capitaine Robert Durand, porte parole de la prison.

 

Gavage polémique

Dans la chanson, PJ Harvey évoque les techniques d'alimentation de force à laquelle sont encore soumis 41 grévistes de la faim. Une procédure a laquelle s'est soumise le rappeur américain Mos Def (qui se fait désormais appeler par son nom musulman Yassiin Beya) pour le collectif Reprieve. Le résultat est visible dans cette vidéo :

On soupçonne Mos Def d'en faire un peu des caisses, mais le message est passé, la vidéo a été vue plus de 5 millions de fois sur Youtube. Si les responsables de Guantanamo affirment que la procédure n'est pas douloureuse, elle n'est pas anodine et les risques de complication sont nombreux.

La grève de la faim et le tapage médiatique de ces derniers jours semblent avoir poussé la Maison Blanche à sortir de sa réserve. Fin mai, Barack Obama renouvelait sa promesse de fermer Guantanamo.

Les troubles politiques qui agitent le Yemen pourraient une nouvelle fois repousser l'échéance. Les États Unis s'inquiètent d'une résurgence d'Al Quaida dans la péninsule arabique. Une cinquantaine de yéménites sont encore détenus à Guantanamo.

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/ le 12 août 2013

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