Gossip, l'appli qui répand la rumeur

Par Sébastien Sabiron / le 02 juin 2015
Gossip, l'appli de ragots qui enflamme les lycées
Inspirée de "Gossip Girl", cette appli permet de balancer des rumeurs de manière totalement anonyme. Lancée en mai dernier, elle fait fureur dans les lycées. Estimant qu'elle encourage le harcèlement, plusieurs syndicats lycéens réclament sa fermeture immédiate.

"Sophie envoie des sextos à tous les mecs" [...] "J'adore cette beuh" [...] "Mathis est gay". Lancée début mai sur Android et iOS, Gossip se présente comme une "appli qui démocratise les ragots".

Développée par une trentenaire parisienne, l'appli s'inspire de la série Gossip Girl, dans laquelle une mystérieuse blogueuse répand des rumeurs sur les étudiants friqués de l'Upper East Side, un quartier huppé new-yorkais. 

Téléchargée plus de 60.000 fois à l'heure où nous écrivons ces lignes, Gossip a rapidement trouvé son public : lycéens et collégiens, malgré une supposée interdiction aux moins de 16 ans.

Comme sur Twitter, les messages sont limités à 140 caractères. Et à la manière d'un Snapchat, les ados peuvent accompagner les ragots d'une photo ou d'une vidéo, une "preuve" qui crédibilise la rumeur. Le message apparait ensuite de manière éphémère sur Gossips. Son auteur reste anonyme, mais pas la personne concernée, qui elle est clairement identifiée. 

La rumeur et la preuve © Sébastien Sabiron


Bien entendu, les "potins" répandus par certains ados n'ont rien de bon enfant. 20 Minutes a enquêté dans un lycée strasbourgeois où l'appli cartonne. Une lycéenne raconte ainsi avoir été moquée pour sa sexualité, qu'elle avait pourtant cachée à ses proches et au personnel scolaire :

Moi, ça m’a beaucoup blessée. C’est difficile de retourner en cours quand tu sais que tout le lycée l’a vu [...] Les gens vont continuer à le faire. C'est le nouveau truc à la mode. 



Cette propension au harcèlement inquiète les syndicats lycéens. Dans un communiqué, la FIDL exige même sa fermeture immédiate. Le syndicat voit dans cette plateforme un moyen "de nuire aux autres" et rappelle que le harcèlement peut conduire les ados au suicide.

Même son de cloche du côté du Syndicat National des Lycéens, qui réclame l'interdiction de Gossip

 

Face aux critiques, l'appli a été mise en stand-by, le temps de "mettre en place un système de modération plus élaboré". Elle reste malgré tout accessible et téléchargeable sur les plate-formes mobiles.

La créatrice de Gossip songerait à lancer une version "premium" (payante) qui permettrait d'accéder aux ragots de manière permanente. Au passage, cela laisse supposer que ces ragots théoriquement éphémères sont bel et bien stockés quelques part.

 


 

> Snapchat n'est pas non plus blanc comme neige. On vous en parle ici.

Par Sébastien Sabiron / le 02 juin 2015

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