Gainsbourg : sous le sampler exactement

Par Augustin Arrivé / le 01 mars 2016
Gainsbourg : sous le sampler exactement
Voilà un quart de siècle que Serge Gainsbourg s'est enfui, comme une p'tite souris dans un coin d'alcôve. Ses albums demeurent over the rainbow, radieux. En les réécoutant, les souvenirs nous assaillent, aïe aïe aïe ! D'autant que sa musique a été exploitée par les rappeurs du monde entier.

 

Faut apprendre par coeur ces airs-là ! 25 ans après la mort de leur compositeur, écoutez les orgues de Bonnie & Clyde (1968), elles jouent pour Joke dans son Fin de journée (2012), récit de hold-up qui finit en bain de sang. N'est pas Parker & Barrow qui veut. C'est tellement bien fait qu'on en redemande. Que ça te plaise ou non, il te l'rejoue quand même dans Nouveau Western, de MC Solaar (1994) ou dans Sensitized, de Kylie Minogue (2007), un peu moins rap game.

 

 

 

Oh je voudrais tant que vous vous souveniez, ce sample de batterie entendu chez Method Man et EPMD (Symphony 2000, 1999) était le sien. C'était mon préféré je crois, celui de Requiem pour un con (1968, décidément une belle année). Dans un autre genre, on retrouve précisément le même enchaînement chez Jay-Jay Johanson (Tell Me When The Party's Over, 2012). Plus suédois.

 

 

 

Ouvrez grandes vos feuilles de chou. Ce synthé sur Held Down, par De La Soul (2001), il ne vous rappelle rien ? C'est celui d'Ah Melody (1971) et il n'a pas vieilli. Le groupe de Long Island avait déjà pioché le piano de Talkin Bout Hey Love (1991) dans Les oubliettes (1961). En voilà, de la nostalgie camarade !

 


Serge Gainsbourg - Ah Melody par melodynelson1972

 

 

Parmi les plus célèbres, qui vont et qui viennent entre nos platines, il y a la Valse de Melody (1971), reprise sur Les évadés, du 113 (1998). On connait moins Boom Bap Project, qui y ont eux aussi enfoncé leurs ongles et leurs doigts délicats. C'était en 2001 pour leur Odds On Favorite.

 


Serge Gainsbourg - Valse De Melody par popefucker

 

 

Et quand Will I Am a laissé derrière lui les Black Peas et Fergie, en 1999, c'était pour un Calling All Citizens qui emprunte sévère à 69, année érotique, toute contrebasse dehors, affirmatif. Et La Horse (1970), le Californien DJ Revolution n'a pas hésité à la chevaucher à cru, trente ans plus tard, ajoutant un peu d'électro par ci, beaucoup de rap par là. Allez ronger ce Backbone, c'est par là.

 


Jane Birkin & Serge Gainsbourg - 69 annee... par AlissaBlackwood

 

 

Busta Rhymes qui booste l'intro de L'homme à la tête de chou (1976) pour électriser Ready For War (2001). Même concept chez les Nantais d'Hocus Pocus. Les délicieux enfants revisitent la mélodie du méconnu La saison des pluies. Ca donne un flow jazz pas dans le ravin, de quoi donner envie de gagner des coupes du monde de foot : Pas d'imposture, 1998.

 

 

 

Je cherche en vain le mot exit : on peut continuer longtemps comme ça. On pourrait citer Suprême NTM samplant Jane B (1969) dans That's My People (1998), mais je vous aime et je crains de m'égarer en mensonges : Gainsbourg samplait déjà Frédéric Chopin dans ce morceau. Car le maître était lui-même un habitué du haut vol.

 

 

 

 

Que ce soit le Prélude pour piano n°4 en mi mineur (1838) sur ce titre, ou la Symphonie n°9 du Nouveau Monde (1893), d'Antonin Dvorak, sur Initials BB (1968), la discographie du poinçonneur des Lilas est un grimoire de musiques classiques. A votre tour de chercher : je suis au regret de vous dire que je m'en vais, car il en a trop faits.

 

 

 


Photo de couverture : Cc FlickR Kinolamp

 

Par Augustin Arrivé / le 01 mars 2016

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