Fukushima, trois mangas (et trois ans) plus tard

/ le 11 mars 2014
Fukushima, trois mangas (et trois ans) plus tard
Trois ans jour pour jour après le pire sinistre nucléaire depuis celui de Tchernobyl, la ville de Fukushima ne s’est toujours pas relevée. Au Japon, après les morts et les pleurs, des mangakas ont raconté la catastrophe. Pendant et après, en mangas.

La terre avait tremblé. Puis il y eut la trombe d’eau, le tsunami qui avale tout sur son passage. La cote nord-est du Japon dévastée, au moins 18.000 morts et disparus. Puis le feu. Et une catastrophe nucléaire sans précédent, la pire depuis celle de Tchernobyl en 1986. La peur, la dégradation des conditions de vie. Et des milliers d’autres morts lentes.

Sur les rails de la ligne Santetsu

Santetsu, 11 mars 2011 - Après le cataclysme , par Koji Fushimoto


Il a fallu pleurer les morts, reconstruire et renouer avec l’espoir : ce sont ces histoires là qu’ont voulu raconter plusieurs auteurs de mangas dès le lendemain du désastre. Parmi eux, Santetsu, 11 mars 2011 - Après le cataclysme.

Son auteur, Koji Fushimoto, raconte à la manière du grand reporter la reconstruction des rails de la ligne Santetsu, ravagée après le tremblement de terre et le tsunami, remise en état en quelques jours grâce au courage d’un groupe d’ouvriers déterminés à ne pas se laisser céder à la fatalité.

Japon 1 an après: 8 regards sur le drame. Photos Kazé Manga et Glénat

Un an plus tard, Japon 1 an après : 8 regards sur le drame. Huit courtes fictions compilées dans un album paru aux éditions Kazé. Les huits mangakas, chacun à leur manière, racontent la catastrophe de leur point de vue. Il y a par exemple l’histoire du vieil homme qui ne veut pas quitter sa maison, ou celle de l’employé de bureau qui cherche désespérément sa femme.

Propagande ?

Moins consensuel, considéré au Japon par ses détracteurs comme une œuvre de propagande mais par d’autres comme un touchant témoignage, 1F (ichi-efu), signé par Kazuto Tatsuta (un pseudo), raconte les conditions de vie des 3.000 travailleurs employés par Tepco dans le centre atomique après le drame.

Le manga de Kazuto Tatsuta a remporté un concours bi-annuel du magazine Morning

 

Là où les médias décrivent un quasi-enfer et dénoncent l’exploitation, les règles de sécurité bafouées, la mort invisible mais omniprésente, Kazuto Tatsuta, évoque les moments de camaraderie, la solidarité, les rires de ses compagnons de travail.

Lui assure s’être engagé volontairement après l’accident, par "curiosité", pour témoigner, pour donner une autre version de la vie dans la centrale. Commande, propagande, témoignage vrai ? Les avis divergent, ce qui n’empêchera pas au manga de remporter un concours bi-annuel de jeunes auteurs du magazine Morning.

Ludovic Pauchant

/ le 11 mars 2014

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