Fils de dictateur, tu parles d'un métier

Par Augustin Arrivé / le 28 août 2013
Fils de dictateur, tu parles d'un métier !
Le neveu de Kim Jong-Un, petit-fils de Kim Jong-Il, fait sa rentrée à Sciences-Po cette année. Kim Han-Sol trace sa voie, assez loin du sectarisme de ses aïeux. Tous les rejetons des dictateurs ne font pas ce choix.

 

La dictatrice Audrey Morellato nous a menottés et obligés à écouter son sujet. Cliquez ici :

 

Kim Han-Sol ne veut pas répondre aux journalistes pour l'instant. Le petit-fils de Kim Jong-Il et neveu de l'actuel dictateur nord-coréen se serait bien passé, en cette rentrée des classes, de la notoriété de ses ascendants. Quand tu rencontres les copains d'amphi, si t'as un tonton tyran, ça donne pas forcément envie de t'inviter en soirée.

 

 

Mini-Kim n'épouse pas du tout le discours du régime. Par rapport à sa famille, il a l'air nettement plus décontracté du clan. Boucles d'oreille, anglais parfait, il vient de passer deux ans à Mostar, en Bosnie-Herzégovine et explique régulièrement qu'il faudrait réunifier les deux Corées et qu'il est désolé de la détresse du peuple du Nord. Ah les jeunes...

 

La dynastie de Mao Zedong a moins bien tourné. Sur ses dix enfants, deux sont encore en vie. Ces deux filles, Li Min et Li Na, ont travaillé comme leurs autres frères et soeurs à la grandeur du Parti. Ex-membres du parlement, elles marchaient dans les pas de papa, avec un peu moins de grandiloquence peut-être.

 

En revanche, la fille de Li Min, Kong Dong-Mei, est quasiment persona non grata au Congrès. Elle a beau avoir ouvert une librairie de propagande rouge à Pékin, le gouvernement lui reproche d'avoir fait fortune en épousant un milliardaire capitaliste, PDG d'une boîte d'assurances internationales. Pour arrondir ses fins de mois, elle écrit des bouquins sur papy, qui se vendent comme des petits pains.

 

 

Kong Dong Mei, la pépette de papy

 

A la fin des seventies, Pol Pot, le dictateur cambodgien, chassé du pouvoir avec son FUNK (Front Uni National du Kampuchea), s'enfuit avec quelques hommes dans la jungle. En 1986, il est à nouveau papa. Une paysanne qui travaillait pour lui comme cuisinière lui donne une fille, Mea Sith.

 

Se sachant mourant, il avait demandé à son secrétaire d'en prendre soin. Le bébé est devenue une jeune fille discrète, qui vit toujours dans une région pro-khmer. Aux dernières nouvelles, elle voulait devenir comptable. Mais on n'a plus entendu parler d'elle depuis près de dix ans.

 

                                   Mea Sith, la petite cocotte de Pol Pot

 

Nous vous avons parlé ici de Vittorio Mussolini, autre "fils de", à l'origine de la Mostra de Venise et de la fondation des studios Cinecittà. Il était le cadet d'une fratrie de cinq. Une famille d'artistes puisqu'en plus du scénariste et producteur de films déjà cité, on y trouve un pianiste de jazz, Romano Mussolini. Ainsi qu'un aviateur (Bruno), une présentatrice télé (Anna Maria) et une comtesse rien-fouteuse (Edda).

 

Romano Mussolini au piano avec Giorgio Baggiani à la trompette, concert à Cagliari, en 2001 

 

La fille de Romano, Alessandra, petite-fille de Benito, a remis la lignée dans le droit chemin : elle est aujourd'hui sénatrice, élue du PDL, le parti de Silvio Berlusconi.

 

La fille illégitime de Castro, Alina, est moins tendre avec son propre héritage. Fidel aurait dû se méfier du nom de famille (prédestiné) de la maman : Revuelta. Tout juste devenue adulte, la bâtarde a quitté l'île clandestinement pour devenir journaliste et militante anti-castriste. Elle anime la tranche 20h-21h de la radio WQBA à Miami. Et Castro pourra toujours crier "Alina", elle ne reviendra pas.

 

Alina Fernandez Revuelta tient conférence à l'université de l'Ohio, en 2009

 

Le seul enfant légitime de Fidel, Fidel Angel, vit toujours à La Havane. Quand il était petit, sa mère l'avait exfiltré de Cuba, mais le paternel avait engagé des gorilles pour le récupérer. Re-kidnappé par maman, il est revenu sur l'île quelques mois plus tard. Malgré de tels souvenirs, qu'on peut supposer traumatisants, il n'a pas l'air de se porter si mal. Mieux que le vieux en tout cas :

 

Fidel Angel Castro en visite à Abu-Dhabi, en 2009

 

 

On ne parlera pas de Nhamotzenyika Mugabe, fils du dictateur zimbabwéen. Le pauvre enfant est mort de la malaria à trois ans à peine. Mais trois autres enfants naîtront plus tard : deux fils, Robert Junior et Chatunga, et une fille, Bona. Celle-ci a 24 ans, un diplôme dégoté à Hong-Kong, et un tout nouveau mari, pilote d'Emirate Airlines, nous disent les journaux d'Harare. 35.000$ de dot. Bizarrement, elle n'a pas changé sa situation amoureuse sur facebook. Un coeur toujours à prendre ?

                    Bona Mugabe, la fille de Bobby, just married

 

 


Et puis on est un peu sceptiques, mais il parait qu'Adolf Hitler avait un fils caché français. Ce sont nos confrères du Point qui nous ont alertés. Il serait né près de Lille en 1918. Le jeune Adolf, alors simple soldat de l'armée teuton, profitait de ses permissions pour batifoler avec une ado, Charlotte Lobjoie.

Un soir qu'il était saoul, il l'aurait mise en cloque. Le bébé aurait été confié à un couple, tout en restant en contact avec sa mutter, qui lui aurait révélé, post-shoah, l'identité de son géniteur. Devenu grand (et cheminot), Jean-Marie (ça ne s'invente pas) a financé une série d'enquêtes pour prouver cette filiation. Mais en Europe, personne ou presque ne le croit. Et un avocat lui a conseillé de lâcher l'affaire.

 

"Ton père s'appelait Hitler", le livre de Jean-Marie Loret

 

 

Par Augustin Arrivé / le 28 août 2013

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