Faut-il mater le boulard du samedi soir ?

Par Giulia Foïs / le 08 novembre 2014
Faut-il mater le boulard du samedi soir ?
Il faut. Tout tenter, tout goûter, si possible adorer, mais quoiqu'il arrive, le clamer. Rentrer dans le cadre, à tout prix. Celui d'une intimité qui se vit toujours à coup d'injonctions. Habituellement, on les retourne en "faut-il ?", ces "il faut". Sauf que parfois, il faut aussi casser la routine, pour faire renaître le désir, c'est connu.

 

Donc, question du jour (bonjour) : faut-il mater le boulard du samedi soir ?

Oui, le 8 Novembre, il faut. La preuve par dix.

  • Parce qu’un ovni dans ton culte : dans cette case aussi indémodable qu’incontournable pour les amateurs du genre, Canal+ fête ses 30 ans de X avec la diffusion aussi ponctuelle qu’exceptionnelle d’un objet filmique non identifié car inclassable : Message à caractère pornographique.

 

A la recherche de l'Ultrasexe

 

  • Parce que Nico et Bruno : grands maîtres ès-détournement, ils étaient déjà à l’origine des ubuesques Messages à caractère informatif – 350 films d’entreprises dynamités pour Nulle part ailleurs, dans les années 90. Accessoirement, portés sur la chose depuis leur plus tendre enfance, ils doublaient déjà des films pornos dans le salon de leurs parents quand ils étaient ados. Très naturellement, la direction de Canal leur aurait donc dit : « dites, les gars, en tant qu’obsédés, pour les 30 ans de la chaîne, vous voudriez pas faire un truc autour du cul ? ». Ils ont dit oui. Youpi.

 

Je suis force rouge avec des nichons et un python

 

  • Parce qu’on est tous à la recherche de l’Ultrasexe - le capitaine Zizi et le capitaine Zgeg en tête. A bord de leur vaisseau spatial,  on plonge avec eux dans les méandres d’une enquête vraiment très palpitante… A moins que ce qui palpite ne soient nos vaisseaux sanguins, plongés que nous sommes jusqu’au cou dans la stratosphère de la culture pornographique.

 

Capitaine Zizi pour vous servir - c'est le fils du général Zgeg, mais chut, parce qu'au début c'est secret

 

  • Parce tous les films utilisés sont de vrais films pornos : même la pipe en patin à roulettes ; même le coiffeur pour chattes ; même le Ken afro dévoré par une poupée gonflable aux dents pointues dans une sorte de Toy Story pour adulte que PiXar n’aurait pas renié. Et même les vulves qui tirent des rayons lasers.

 

L'amour, l'amour, l'amour...

 

  • Pour l’amour de l’art : Nico et Bruno ont puisé dans la vidéothèque de véritables cinéphiles du cul. Résultat : 2 500 films visionnés en quatre mois (dur métier), 130 sélectionnés. Selon leur méthode habituelle, ils coupent le son et laissent faire leur imagination – délirante en l’occurrence. Ces garçons ne vont pas bien, vraiment.

 

  • Pour celui du travail bien fait : scénario, dialogue, montage, et même doublage, ces deux-là savent à peu près tout faire. Je crois savoir qu’ils ont aussi leur diplôme d’orfèvre – quoi, j’ai pas le droit d’être une fan aveuglée par l’amour ??!! Jugez vous-même : le résultat est un bijou d’absurdité. C'est pas Jean-Jérôme le spationaute qui dira le contraire.

 

Si vous voulez voir des hardeurs japonais, c 'est maintenant

  • Pour le goût de la langue française, et l’envie d’apprendre de nouvelles expressions comme « tarte au cul ».

 

 

  • Parce que ça sent bon la VHS. Et les bandana. Et l’aérobic. La plupart des films détournés datent des années 80/90 : raaaaaah… Vive la coupe mulet !

 

Danse avec les porn stars


  • Parce que Charles Aznavour : mine de rien, Message à caractère pornographique vous plonge dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Celui où les femmes avaient le droit d’avoir des petits seins, des marques de maillots, et des poils. Oui, des poils. Celui où les hommes affichaient quelques bourrelets… Et, excusez du peu, leur visage – non, ça, c’est fini, Madame, dans le porno 2000 ! Monsieur doit pouvoir fantasmer, donc ce qui compte, c’est le vôtre, uniquement le vôtre. Dire que la recherche de l’Ultrasexe avec le Capitaine Zizi nous offre en creux quelques enseignements sur notre époque et notre conception de la sexualité ne serait pas exagéré. Donc je le fais.

 

WonderWoman envoie le bois

Bref, ruez-vous dessus, ce samedi 8 Novembre à 00H10. Ou débrouillez-vous pour l’enregistrer : ça sent le culte, je vous dis. 

Mais ça n’est que mon avis.

PS : et le making of, c’est par ici.

PPS : pour ceux qui traîneraient leurs guêtres du côté de Paris ce jour-là, une projection en présence de Nico et Bruno est prévue au Palais de Tokyo lundi 10 novembre. Pour gagner des places et pour toute information pratique, c’est sur leur facebook.

PPPS : je me tais. Salut.


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Par Giulia Foïs / le 08 novembre 2014

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