Faut-il (bande de pervers) courir voir l'expo Kamasutra à la Pinacothèque ?

Par Giulia Foïs / le 25 novembre 2014
Faut-il (bande de pervers) courir voir l'expo Kamasutra à la Pinacothèque ?
C'est l'une des expositions les plus intéressantes de la saison : pour la première fois, trois cents pièces d'art indien, toutes inspirées par le Kamasutra, se trouvent réunies en un seul et même endroit. Déroulant, dans les dédales de la Pinacothèque, l'un des piliers de l'hindouisme, elles interrogent au fond tout autant notre rapport à l'érotisme.

 

Que celui qui tente un mauvais jeu de mots sur le-Kamasutra-à-la-Pinacothèque sorte immédiatement – accompagné de celui qui me demanderait s’il y a toujours la queue quand on y va. Ouarf, ouarf, ouarf.

Tous les autres ont le droit de rester et de lire la suite.

Suite qui a bien failli ne pas être écrite, d’ailleurs, tant j’étais à deux doigts de m’auto-sortir, pour les raisons sus-citées.

Voilà, c’est dit.

A part ça : faut-il donc, bande de pervers, courir voir l’expo Kamasutra, spiritualité et érotisme dans l’art indien à la Pinacothèque de Paris ? 

 

 

Faut-il (bande de pervers) courir voir l'expo Kamasutra ?

Non, si vous comptiez en faire votre plan traquenard du moment.

Plus subtil qu’une virée à Pigalle, plus économique qu’une nuit dans un cinq étoiles, le billet pour la Pinacothèque, de loin, pourrait ressembler à un aller simple pour Broadway-sur-levrette. Que nenni.

Les occidentaux étant de fieffés pervers nous avons retenu ceci du Kâmasûtra

Cliquez sur l'image pour la voir en grand

Un catalogue de positions… toutes plus émoustillantes les unes que les autres – oubliant au passage qu’elles  étaient pour la plupart plus irréalisables qu’autre chose, sauf à être dépourvu de squelette.  

Sauf, que, comme l’explique le tout premier panneau de l’exposition, le Kâmasûtra est avant tout « l’un des textes majeurs de l’hindouisme médiéval, un ouvrage censé servir de guide à l’homme et à la femme au cours de leur vie afin d’atteindre le salut ». Vu comme ça, autant avaler du bromure, non ?

Pas si sûr : les hindous sont tout de même des sacrés pervers.

Faut-il (bande de pervers) courir voir l'expo Kamasutra ?

Oui, car au commencement, était le sexe.  

Au moment où nous en étions encore au péché originel (Eve, va donc brûler en enfer), les hindous s’en donnaient à cœur joie, représentant des scènes de sexe partout, et par tous les bouts. Le fait est que, comme le dit très bien un certain Michel Angot, docteur es-Kama, « là où, dans le christianisme, dieu est amour (mes fesses), en Inde, dieu fait l’amour ». (Non, pas dans mes fesses)

La jouissance étant un biais d’accomplissement de soi, et, comme tel, un pas de plus vers le divin, elle est donc vivement conseillée -et moi je sens que je vais me convertir…

Les moyens d’atteindre l’extase ultime sont d’autant plus recommandables qu’ils émaneraient d’un brahmane du 4ème siècle, lui-même totalement chaste (évidemment), mais directement inspiré par ces sept sages – ben oui. 

 

De ces doctes échanges, ledit brahmane aurait donc tiré les sept livres du Kamasutra, qui nous conduisent des premières phases de la séduction, au quotidien d’un couple marié, en passant par l’art des préliminaires ou les vertus de la polygamie.

Mais là où ça devient nettement plus rigolo, c’est que les indiens peuvent être carrément punk quand ils s’y mettent. Passons sur le fait que l’existence même du plaisir féminin soit considérée comme possible (queu-ah ??), survolons l’évocation tranquille d’amours homosexuelles (eeeeh ben), et arrêtons nous là-dessus...

 

... Galipette avec des chiens, partie fine avec des éléphants, gaudriole avec des chevaux (bande de mythos) : tout est possible, on vous dit, pour peu que la jouissance soit à l’arrivée ! Même en cassant des noix. 


 

Avant de se quitter, je ne résiste pas à vous livrer un délicieux secret, attrapé au détour d’une vitrine dévolue aux « charmes et aphrodisiaques »… Vous voulez rendre madame folle de plaisir ? Enduisez-vos sexes de miel et de poivre, Nirvana garanti.

Et on va dire que je vous laisse essayer.

 


 

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Par Giulia Foïs / le 25 novembre 2014

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