Et si la Grèce nous sauvait du chaos

Par Cécile de Kervasdoué / le 06 janvier 2014
Et si la Grèce nous sauvait du chaos
La Grèce prend cette semaine la présidence tournante de l'Union Européenne. Ce titre automatique devrait permettre à ce pays surendetté de feindre la sortie de crise. Le gouvernement espère bien ramener les Grecs vers l'idée d'Europe.

 

"Kali chronia !" Ca veut dire "bonne année" en grec. Cécile de Kervasdoué, de la rédac' du Mouv', l'a souhaité à tous les Athéniens croisés en reportage. Son sujet back from Grèce ci-dessous :

 

Parmi les nouveautés du 1er janvier, vous vous sentiez peut-être davantage concernés par la baisse de tarif des tickets de cinéma. Mais un autre événement décisif s'est produit ce jour-là : la Grèce a pris la présidence tournante de l'Union Européenne. Bon, ok... Si vous tendez le micro aux Athéniens, ils ne seront pas nombreux à considérer que c'est un événement décisif. Mais le gouvernement y croit dur comme fer : "La présidence va montrer à la population grecque que son avenir est en Europe", explique ainsi le ministre des affaires étrangères. Reportage avec les eurosceptiques en cliquant ci-dessous :

 

 

En réalité, le gouvernement conservateur ne tient plus qu'à un siège, et la présidence européenne est un gilet de sauvetage jusqu'aux élections de mai prochain. Régime de crise oblige, il n'y aura pas de dépenses superflues d'ici-là : pas de déplacements officiels hors d'Athènes, pas de faveurs ni de cadeaux. Le peuple se sent déjà suffisamment victime de Bruxelles.

"Pourquoi vous nommer chef...", se demande Constantin, un Athénien, "alors que tout le monde sait que vous êtes le dernier à prendre une décision ?" A Exarchia, le quartier des étudiants de gauche, Makis est choqué par le tour qu'a pris son pays : "Ici, on peut voir des gens qui font des feux de cartons sous la pluie pour se chauffer, alors cette présidence, pour moi, ressemble à une couronne d'épines sur un corps crucifié."


 

"Depuis quatre ans", résume Stéphania, "on est passé par différentes phases : la révolte, puis la solidarité et enfin la haine. Aujourd'hui, c'est le règne de la débrouille et de la créativité." Les Grecs cherchent de nouveaux modèles économiques. Des modèles forcément provisoires en temps de crise : le pays reste endetté à hauteur de 174% du PIB. Un système D se met en place.

Les clients se mettent, par exemple, à rémunérer les services en pourboires, pour que les travailleurs échappent à l'impôt tout en contournant le marché noir. Une photographe au chômage a lancé son propre magazine, Unfollow, monté en dehors des circuits publicitaires habituels. Bref : un gigantesque système D se met en place. Reportage en cliquant ci-dessous :

 

 

Tout ça n'a rien d'une solution à long terme. On a le droit, pourtant d'espérer. A condition que la classe politique se ressaisisse : un nouveau scandale politico-financier entre une entreprise d'armements allemandes et des politiciens hélennes fait encore la une des quotidiens athéniens. Pour démarrer ces six mois de présidence, on aurait pu rêver mieux.

 

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Mais l'Union européenne, c'est aussi la Croatie, l'Espagne et pleine d'autres amis. Rencontrez-les en cliquant par .

 

 


 

Photo de couverture, et suivantes : © Cécile de Kervasdoué, Le Mouv'

 

Par Cécile de Kervasdoué / le 06 janvier 2014

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