Et si je montais ma boîte ?

Par Sébastien Sabiron / le 16 avril 2014
Et si je montais ma boîte ?
Trois ans après avoir quitté l'école, plus d'un jeune sur cinq est au chômage. Passé le constat, l'envie de créer sa boîte et de devenir son propre patron est toujours là. Pour la troisième année, le concours "100 jours pour entreprendre" aide les jeunes pousses à se lancer.

Lancer sa boîte ou pas ? Les jeunes français ont-ils l'esprit d'entreprise ? Reportage de Sébastien Sabiron :


"Il y a quelques années, les français avaient encore une vraie aversion au risque et à l'échec. Aujourd'hui, les choses ont changé. Si on veut se lancer, on est bien encadré et bien soutenu." Lauréat 2012 de "100 jours pour entreprendre", Augustin Rudigoz est le cofondateur de l'appli smartphone Mobeye.

Surfant sur la vague participative, Mobeye permet de gagner quelques euros en photographiant pour les marques la façon dont leurs produits sont vendus chez les distributeurs. Les utilisateurs doivent remplir des "missions" comme photographier le prix des saucissons au rayon charcuterie.


Lorsqu'ils s'inscrivent au concours au printemps 2013, les quatre créateurs de Mobeye viennent tout juste de lancer leur start-up. Un an plus tard, il ont embauché trois personnes en CDI et génèrent 200 000 euros de chiffre d'affaire.

Au delà de la précieuse dotation financière (2500 euros), ce prix leur a permis de se faire connaître et de décrocher leur premier contrat avec la marque Michel et Augustin, une startup alimentaire qui cartonne depuis quelques années.

Esprit d'entreprise VS principe de précaution

Lancé en 2012, le mouvement "100 jours pour entreprendre" se veut un "sursaut civique" destiné à aider les jeunes de 18 à 26 à franchir le pas. Les lauréats et les autres sont accompagnés, bénéficient de conseils et de contacts pendant un an.

Pour Bernard Ochs, serial entrepreneur et cofondateur du mouvement, l'auto entrepreneuriat est bien encadré et rien ne s'oppose en France à la création d'entreprise. Excepté peut-être la peur de l'échec.

C'est une spécificité française. Plutôt que d'échouer, on préfère s'en remettre au principe de précaution. Le ratio de pertes entre l'idée et le lancement effectif est important. Nous sommes là pour dire à ces jeunes qu'ils n'ont pas de crédit, pas d'attache, pas de maison à rembourser et qu'il doivent foncer !


Bernard Ochs en interview / Capture d'écran
  

Au passage, Bernard Ochs constate que les plus prompts à se lancer sont les jeunes sans diplômes "parce qu'ils n'ont pas vraiment le choix." Ils créent généralement leurs boîtes dans les services à la personnes, la confection, l’alimentaire ou la petite distribution. A l'autre bout de la chaîne, les jeunes très diplômés sont de plus en plus nombreux à tenter l'aventure. Mais entre les deux, ça coince.

Depuis quelques années, les Bac +5 et les grandes écoles ont des options entrepreneuriat dans leur cursus. Mais quand vous êtes BTS ou Bac -2, vous n'avez aucune formation à la création d'entreprise. Un plombier diplômé peut vouloir créer sa boîte, beaucoup le font, mais ils ne sont absolument pas préparés.



"100 jours pour entreprendre" ambitionne d'aider à la création de 100 000 emplois (rien que ça...) par des jeunes. Les 10 lauréats de l'édition 2013 sont toujours en activité aujourd'hui.

Retrouvez ici le portrait de trois jeunes créateurs d'entreprise heureux.


Par Sébastien Sabiron / le 16 avril 2014

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