En France, le MMA reste toujours dans l’ombre

Par Nour-Eddine Zidane / le 09 novembre 2016
En France, le MMA reste toujours dans l’ombre
Il faudra encore attendre pour assister à des compétitions officielles de MMA (Mixed Martial Arts : arts martiaux mixtes) en France. Le gouvernement y est toujours fermement opposé malgré les préconisations d’un rapport parlementaire remis le 8 novembre au secrétariat d’Etat aux Sports. Les pratiquants dénoncent une méconnaissance voire une stigmatisation de la discipline.

Le contenu du Journal Officiel du 23 octobre 2016 a sonné comme un uppercut pour les amateurs et pratiquants du MMA en France : sans le citer nommément, un arrêté ministériel confirme que la pratique officielle de la discipline est interdite en France.

Il suffit d’observer deux dispositions de ce texte (applicable depuis le 1er novembre) qui encadre à la fois les règles techniques mais aussi celles de sécurité pour les compétitions de sports de combat. Sont notamment prohibés :

  • Les combats se déroulent sur un tapis ou sur un ring à 3 ou 4 cordes.
  • Les techniques strictement interdites qui entraînent la disqualification immédiate des sportifs sont les suivantes : les coups de poings, coups de pieds, coups de coudes et coups de genoux visant un combattant au sol (…)

Clairement visée : l’UFC (Ultimate Fighting Championship), la plus importante ligue de MMA au monde. Un circuit d’ailleurs racheté cet été par l’agence hollywoodienne WME-IMG et qui suscite l’intérêt de nombreuses stars du show-biz confirmant l’essor (inexorable ?) de ce sport.

« L’UFC ne va pas inonder la France. Je ne peux pas accepter les combats dans une cage et les coups portés au sol » a répété Thierry Braillard. Le secrétaire d’Etat aux sports qui a confirmé sa position « prohibitionniste »… avant même la remise d’un rapport parlementaire le 8 novembre, pourtant favorable à l’organisation de compétitions officielles.

Seule concession accordée par le gouvernement : la création d’un observatoire pour accompagner le développement du MMA avec pour principale mission de former des encadrants et des arbitres spécialisés. D’où la frustration de Patrick Vignal (député PS de l’Hérault) qui a planché – à la demande du ministre – sur la question depuis le printemps (avec Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs) :

On ne peut pas toujours mettre la poussière sous le tapis. Quand on fait de la politique, c’est pour avoir une vision à long terme. Aujourd’hui, on a un objet qui s’appelle le MMA qui est pratiqué par 40.000 personnes. On ne peut pas faire semblant que ça n’existe pas. La prohibition n’existe plus. Je finis avec un peu de frustration parce que je ne suis pas arrivé à convaincre mon ministre. Le mot de dignité au sol, ce n’est plus de la dignité. Comment faire pour construire des gamins qui ne sont pas dans la violence ? Hé bien la meilleure des réponses, ce sont les arts martiaux. 



Chez les pratiquants, c’est également la douche froide. Et cela fait également réagir à l'étranger, notamment en Suisse où les compétitions sont autorisées :


Mouv’ a pos la question à Malick Sylla. Pour ce fighter de MMA que l’on peut voir dans notre web-série « Dans l’Ombre de la Cage » (mais aussi entraineur et fondateur de Fighting Beat), cette mesure illustre une stigmatisation à ses yeux injustifiée de la discipline.

Par Nour-Eddine Zidane / le 09 novembre 2016

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