En désintox avec les « Web Junkies »

Par Gaële Joly / le 23 janvier 2014
En désintox avec les « Web Junkies »
En compétition au festival Sundance, dont la 30ème édition s'achève dimanche dans les montagnes de l'Utah aux Etats-Unis, le documentaire de deux israéliennes pousse la porte des centres chinois de désintoxication à Internet. Un film court mais efficace.

La Chine est le premier pays au monde à considérer la dépendance à Internet comme une maladie. Selon les autorités chinoises, 24 millions de jeunes Chinois seraient aujourd'hui des "web junkies", c'est à dire qu'ils passent plus de six heures par jour sur Internet, et notamment sur les jeux en réseau.

Shosh Shlam et Hilla Medalia, deux documentaristes israéliennes ont pu entrer dans l'un des 400 centres chinois de désintoxication pour des ado de13 à 18 ans. 

Pendant un mois, les jeunes garçons alternent parcours du combattant, traitement médical et thérapies familiales, moyennant 10.000 yuans (1.200 euros), "deux fois le salaire mensuel moyen à Pékin", selon Hilla Shlam. "Ces parents sont vraiment désespérés. Ils envoient leurs enfants (dans ces camps) car c'est leur dernier ressort, ils veulent vraiment les aider". 

 

 

Le documentaire n'entre pas dans le détail du traitement, mais montre sans fard le désarroi de ces "junkies" privés de leur ordinateur. L'un d'entre eux supplie ses parents de le faire sortir, promettant en échange de ne plus jouer "que quatre heures par jour sur internet", poursuit Hilla Shlam.

Certains enfants abandonnent l'école, ils restent jour et nuit dans des cybercafés et vont jusqu'à porter des couches pour ne pas avoir à aller aux toilettes pendant leurs sessions de jeux en ligne 


 

La dépendance à Internet est aussi le sujet d'un autre documentaire, "Love Child", également en compétition à Sundance cette année. Le film se concentre sur un fait divers qui avait défrayé la chronique en Corée du Sud en 2010: un bébé de trois mois était mort de malnutrition, ses parents passant plus de temps à jouer en ligne dans un cybercafé qu'à s'occuper de leur petite fille.

Ci-dessous, l'interview du producteur de "Love Child", David Foxx

 

La critique du New York Times sur le documentaire de Shosh Shlam et Hilla Medalia "Web Junkie" ici

Par Gaële Joly / le 23 janvier 2014

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