En Angleterre, un rassemblement sous gaz hilarant

/ le 15 juin 2015
En Angleterre, un rassemblement sous gaz hilarant
Des centaines de Britanniques se sont donnés rendez-vous le 1er août prochain, devant le palais de Westminster, pour protester contre un nouveau projet de loi qui veut punir la consommation, l'achat et la vente de substances psychoactives.

Les Britanniques ne rigolent pas. Présenté le 9 juin au Parlement, le projet de loi “Psychoactive Substance Bill” veut bannir l'approvisionnement en substances psychoactives. Ces substances  peuvent altérer l’état de conscience de ses consommateurs. Le gouvernement veut prévenir l'altération des "fonctions mentales ou de l'état émotionnel de la personne concernée." Certaines de ces substances sont légales, comme le gaz hilarant, d'autres sont illicites, comme le cannabis, la cocaïne ou encore l’ecstasy. 

Une mesure qui, pour beaucoup de Britanniques, est un affront au droit de chacun de disposer de son corps. Plus de 470 000 personnes auraient experimenté ce gaz entre 2013 et 2014, selon Global Drug Survey.

Parmi la longue liste des drogues psychoactives que le gouvernement veut interdire, on retrouve le gaz hilarant. Ce gaz donne une sensation courte d’euphorie. Il peut provoquer des vertiges et affecter le jugement individuel.

Il peut également, dans les cas extrêmes, provoquer la mort par manque d’oxygène. Ce gaz serait responsable de 17 décès entre 2006 et 2012. Un chiffre particulièrement bas, comparé au nombre de victimes de l'alcool ou du tabac. Deux substances psychoactives que le gouvernement a décidé d'exempter.

C'est ce gaz que les manifestants ont choisi d'inhaler lors du rassemblement prévu pour le 1er aout. Pour deux raisons : ses effets sont courts, et surtout, il est encore légal. 

La photo de couverture de l'événement Facebook du rassemblement prévu pour le 1er août.

De son vrai nom, le protoxyde d'azote est la seconde drogue la plus populaire en Grande-Bretagne, à des fins récréatives. Elle sera inhalée par plusieurs centaines de personnes lors de la manifestation organisée par The Psychedelic Society le 1er août prochain. La communication autour de l'évènement se fait à l'aide du hashtag :#mymindmychoice.


Les consommateurs de substances psychoactives ne sont pas les seuls à s'élever contre le projet de loi. Pour certains scientifiques britanniques, "bannir les drogues psychoactives limiterait la recherche médicale". 


Photos d'illustration : Maciej Dakowicz Flickr / Aisha Gard Flickr

/ le 15 juin 2015

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