Embarquez dans le Transperceneige

/ le 30 octobre 2013
Embarquement immédiat dans le Transperceneige
Adapté d'une bande dessinée française, "Snowpiercer" débarque ce mercredi au cinéma. Deux heures de huis-clos à bord d'un train lancé à pleine vitesse au milieu des glaces. Aux manettes : le réalisateur coréen surdoué Bong Joon Ho. L'étiquetage des bagages est facultatif.

 

Sébastien Sabiron est monté à bord du Snowpiercer. Reportage première classe :

 

C'est l'histoire d'un train perpétuel qui tourne autour d'une planète figée dans un linceul de glace. Le Transperceneige est le dernier train du monde, l'arche de Noé roulante de cette nouvelle ère glaciaire, en 2031.

Bande annonce Snowpiercer © Wild Side

A son bord, les derniers rescapés du cataclysme reproduisent l'humanité en miniature : les riches en 1ère classe, vautrés dans le luxe et l'opulence. Les pauvres entassés à l'arrière du train, nourris de gélatine protéinée.

John Hurt debout et en guenilles © Wild Side
      

Mieux qu'une œuvre à tiroirs, Snowpiercer est une œuvre à wagons. L'histoire progresse à l'horizontale, à mesure que les prolos avancent vers l'avant du train. La caméra virtuose de Bong Joon Ho (The Host, Mother, Memories of Murder) tire partie de ces espaces confinés gràce à des cadrages inventifs, pour en faire un huis-clos extralarge.

Ceux qui m'aiment prendront le train © Wild Side
      

Le film est porté par un casting international trois étoiles : Chris Evans (vu dans Captain America) impeccable en leader insurgé, la star sud-coréenne Song Kang-Ho en ingénieur toxicomane et Tilda Swinton, méconnaissable en marâtre couarde et sadique.

Du Transperceneige à Snowpiercer


 
 
 
 
Avant de briser la glace sur grand écran, Le Transperceneige est un monument de la BD, imaginée par les français Jacques Lob et Jean-Marc Rochette en 1982.

Une fable d'anticipation, pessimiste et crépusculaire, auquel le film emprunte l'allégorie de la lutte des classes.

 

 

 

 

Dans Le Transperceneige, les "queutards" (consignés en queue de train) sont asservis par les "nordistes" des 1 ères classes. Les classes moyennes sont abreuvées de loteries, anesthésiées par le "culte de la loco", préché par des "prêtres mécanos".

"Le Transperceneige", Lob et Rochette, p.9 © Casterman
 

Bong Joon Ho a découvert la BD lorsqu'il était ado, dans une petite librairie manga de Séoul. Frappé par son découpage très cinématographique, il imagine immédiatement la porter à l'écran. Le dessinateur Jean-Marc Rochette, a vu le film trois fois, subjugué par la transposition de son bébé sur grand écran :

Jean-Marc Rochette au micro de Sébastien Sabiron :

"Le Transperceneige", Lob et Rochette, p.9 © Casterman
 

Captivant, truffé d'inventions visuelles, Snowpiercer est un blockbuster intelligent. Bong Joon Ho alterne explosions de violence et tranches d'humour complètement décalées. Le film a déjà réuni 10 millions de spectateurs en Corée du Sud. La locomotive Snowpiercer est en marche et rien ne pourra l'arrêter.

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)


/ le 30 octobre 2013

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