Elle loue ses seins pour la tétée

Par Augustin Arrivé / le 02 août 2013
Elle loue ses seins pour la têtée
On avait déjà vu beaucoup de trucs chelous à vendre sur internet, mais la location de seins, c'est assez neuf. Sur un site de petites annonces, une femme dit proposer aux couples homo de prêter ses nénés pour allaiter des bébés sans maman. Un hoax ? Mystère.

 

Ca risque de faire jaser. L'annonce date d'hier à peine, postée, nous dit-on, par une infirmière de Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne. "Je loue mes seins pour l'allaitement des nourissons, en une journée je propose jusqu'à une dizaine de prises pour votre bébé." Le tout sur un site de petites annonces spécialisé dans la location d'objets en tous genres.

 

 

La jeune femme nous a répondu par mail qu'elle ne souhaitait pas d'interview. Impossible de vérifier que ce n'est pas un hoax. Alexandre Woog, le responsable du site, nous assure qu'il s'est entretenu avec cette internaute pour connaître ses motivations et affirme que c'est une vraie personne avec une vraie adresse.

 

Quoiqu'il en soit, l'annonce soulève des questions. La propriétaire des seins précise s'adresser aux couples d'hommes homosexuels qui "n'ont pas la chance de pouvoir allaiter leur bébé". "L'allaitement permet aux bébés d'être en meilleure santé." D'après e-loue.com, il n'y a là aucune démarche politique de sa part.

 

Apparemment, la loueuse est encore relativement dispo © e-loue.com

 

Mais même sans évoquer ce volet politique ou éthique, on peut simplement se demander si tout cela est bien légal. De fait, la vente de lait maternel est interdite en France, à moins de passer par un lactarium, établissement agréé par les agences régionales de santé qui dépendent de l'Etat. Ca permet de limiter les risques sanitaires : des maladies (hépatites B et C ou sida) peuvent être transmises par ce lait.

 

Cette loueuse de seins contourne la législation puisqu'elle ne loue pas directement son lait, mais sa poitrine. Si l'affaire est conduite en justice, c'est donc l'utilisation commerciale du corps humain qui sera débattue. Aucune loi n'encadre cette pratique. Elle est donc, de fait, légale. L'article 16 du Code civil interdit la gestation pour autrui, le prélèvement d'organes ou la collecte de produits corporels. La tétée n'est pas mentionnée.

 

Mais la cour de Cassation peut invoquer "le principe d'indisponibilité du corps humain", une notion plus subjective qui peut mener à une condamnation. Ca s'est déjà vu dans d'autres cas. Alexandre Woog estime, de son côté, qu'il s'agit ni plus ni moins de "moderniser le métier de nourrice qui existe depuis la nuit des temps".

 

La nourrice, un film de Marco Bellocchio et une profession ancestrale

 

Il évacue les critiques : "si ça avait été une prestation à caractère sexuel, on ne l'aurait pas publiée. Mais offrir du lait maternel à des nourrissons, avec le côté vertueux qu'il y a derrière, nous l'autorisons sur notre site."

 

Deux personnes se sont déjà manifestées pour cette étrange location. Deux hommes. Ils ne seront peut-être pas beaucoup plus nombreux. Peu de clients mais beaucoup de curieux : la fréquentation d'e-loue.com a été multipliée par dix en 24 heures.

 

Par Augustin Arrivé / le 02 août 2013

Commentaires