Elections en Iran : quel espoir pour la jeunesse ?

/ le 14 juin 2013
Elections en Iran : quel espoir pour la jeunesse ?
Ce vendredi, les iraniens choisiront le successeur de Mahmoud Ahmadinejad. Six candidats en lice, conservateurs pour la plupart. La jeunesse iranienne place ses espoirs en Hassan Rohani, le seul candidat modéré. Faute de mieux.

 

Avant de retrouver le dossier consacré aux candidats et aux grands enjeux de cette élection, naviguez dans notre timeline à travers les grandes dates de la théocratie Iranienne :

 

 

 

Il incarnait l'espoir de la jeunesse, espoir douché à seulement trois jours du premier tour. Mohammad Reza Aref, candidat réformateur, ancien vice président plébiscité par les jeunes, s'est désisté au profit d'Hassan Rohani, sur demande du mouvement réformateur. Hassan Rohani est aujourd'hui le "candidat du changement", toutes proportions gardées.

  • A 64 ans, ce docteur en droit porte le turban. C'est un religieux, mais aux positions beaucoup moins radicales que ses adversaires politiques.

 

  • En sa faveur : une forte connaissance du dossier nucélaire Iranien. En 2003, Rohani, alors négociateur en chef de Téhéran, était parvenu à rassurer l'occident en obtenant du guide suprême une suspension temporaire de l'enrichissement de l'uranium. Il souhaite restaurer des "relations constructives" avec le reste du monde.

 

  • En sa défaveur : beaucoup moins charismatique que Mir Hossein Moussavi, qui avait su fédérer la jeunesse en 2009 Sa défaite contestée avait provoqué des manifestations monstres. Lors du dernier meeting de Rohani à Téhéran, la foule scandait "Libérez les prisonniers politiques !", allusion à Moussavi, toujours assigné à résidence.

 

Rohani pourrait bien créer la surprise. Il peut compter sur le soutien de son camp (les modérés) et des réformateurs, dont les candidats se sont tour-à-tour désistés pour lui laisser le champ libre. En face, le clan conservateur apparaît divisé. Saïd Jalili, figure de la droite ultra-conservatrice, n'a pas réussi à créer une cohalition autour de lui. Les appels à désistement se multiplient ces derniers jours pour éviter une dispersion des voix.

Pour les jeunes dépossédés de leur charismatique leader Mir Hossein Moussavi, le choix reste limité. Certains se retrouvent derrière la candidature de Zahra, une habitante de Téhéran qui entend défier le régime des Mollahs.

 

  • A 52 ans, cette institutrice est la première femme à briguer la présidence, alors que la constitution iranienne l'interdit.

 

  • En sa faveur : Elle milite pour plus de démocratie et porte de vrais thèmes de rupture, appréciés des jeunes comme l’abolition de la peine de mort, la libération des prisonniers politiques et l’égalité homme-femme.

 

 

 

 

Zahra est en fait un personnage BD, imaginé par Amir Zoltani, un journaliste iranien exilé aux Etats Unis.

>> Découvrez notre reportage consacré à Zahra

Sa candidature virtuelle fait l'objet d'un véritable engouement sur les réseaux sociaux, principal espace de la liberté d'expression en Iran. 70% de la population a moins de 30 ans, et la censure gouvernementale en a fait des pros du cyber-activisme. Principale illustration en 2009 avec le mouvement vert qui a suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. 

>> Reportage de Sébastien Sabiron consacré au Mouvement Vert :

 

Roohollah Schahsavar était à l'époque l'un des partisans de Moussavi le réformateur. Arrêté au lendemain de l'élection, il ne s'attendait pas à voir la contestation se répandre aussi rapidement sur la toile :

Roohollah Schahsavar, par Sébastien Sabiron

 

Aujourd'hui, à l'approche du scrutin, le régime et les cyber-contestataires jouent au chat et à la souris. Les connexions internet depuis l'Iran sont tantôt correctes, tantôt très lentes ou carrément impossibles, comme en témoigne ce tweet publié il y a peu :

 

Ces prochains jours le hashtag #Iranelection sera sans doute très suivi et très observé, particulièrement si le résultat des urnes est entâché de soupçons de fraude, comme en 2009. Selon le rapport mondial de Reporters Sans Frontières, l’Iran est aujourd'hui le 4 ème pays le plus répressif en matière de liberté de la presse. Arrêtés pour la plupart après les dernières élections, 27 journalistes et 28 blogueurs croupissent toujours dans les geôles iraniennes.

 

Reportage de Sébastien Sabiron (@sebsabiron)

 

 

Le Mouv' décrypte la présidentielle iranienne :
>>

 

Reportage de la Rédaction : Retour sur la première révolte 2.0
/ le 14 juin 2013

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