ELECTION WEEK IN BERLIN : Episode 2

/ le 17 septembre 2013
ELECTION WEEK IN BERLIN : Episode 2
A six jours des élections en Allemagne, le Mouv' poursuit sa balade berlinoise. Direction le quartier de Neukölln anciennement louche mais désormais envahi par des colonies de hipsters... Jusqu'aux rives de la Spree, où se nichent de drôles de communautés libertaires, dormant dans des tipis.

 

Le message a le mérite d'être clair (photo ci-dessous), à l'entrée de l'un des derniers squats de Berlin : le Köpi, au 137 Köpenicker Strasse dans le quartier de Kreuzberg. C'est un bastion punk où les journalistes ne sont pas les bienvenus.

"On ne veut d'appartement de Yuppie (bobos), on est heureux avec nos rats !" © Benjamin Illy
 

Cette banderole symbolise les tensions liées au phénomène de gentrification : ces vagues de bobos qui s'installent dans ces zones autrefois dédiées aux libertaires, aux artistes, qui désormais s'éloignent du centre de Berlin. 

Pas très loin de Kreuzberg et de ses messages hostiles envers les "yuppies" (Young Urban Professionnal) , il y a Neukölln, dans le Sud-Est de la capitale allemande. Un quartier turc, autrefois mal-famé, royaume des dealers de drogues, mais où tout a changé ces trois dernières années. Attirés par les loyers à très bas prix, des hordes de hipsters à barbe, fans de "carrot cake" et de vélos à pignon fixe ont envahi la zone, quitte à embourgeoiser Neukölln. Quitte à dénaturer le quartier.

Sur place nous avons rencontré Manon Heugel, 33 ans, française, installée à Neukölln depuis quatre ans. Elle a été aux premières loges, témoin direct de ce changement brutal et en parle très régulièrement sur son blog "Génération Berlin".

Manon Heugel, blogueuse éclairée au coeur de Neukölln © Benjamin Illy.

 

Interview de Manon Heugel par Benjamin Illy

Le "Sing Blackbird". Concept : green tea et fringues vintage, so "hipster" © Benjamin Illy
 

Reportage dans Neukölln avec pour guide Manon Heugel, à la rencontre de Dogan l'épicier turc, voisin immédiat d'Etienne Dauta, jeune disquaire récemment implanté dans le quartier.

Gche : Manon et un retraité kurde / Dte : Fred, croisé sur WeserStrasse, rue la plus "gentrifiée" de Neukölln
 

Retour dans Kreuzberg, terre de constraste où les derniers immeubles squattés, délabrés, tagués, côtoient un hôtel Ibis fraichement construit et le luxueux siège de "Ver.Di" le plus grand syndicat allemand (plus de deux millions d'adhérents).

Au bord de la Spree, une usine désaffectée squattée par des bulgares © Benjamin Illy

 

A proximité, en allant vous perdre sur les rives de la Spree, la rivière qui traverse Berlin, vous tomberez sur un campement un peu étrange où résonne de la musique turque, où gambadent des rats gros comme des chats : Bienvenue à Tipi Land ! 

Le monde merveilleux de Tipi Land © Benjamin Illy.

 

Tipi Land, une communauté de "travellers", des voyageurs venus du Danemark, de Pologne, de France, de République Tchèque et même du Canada ! Ensemble pour survivre, c'est leur crédo. Au quotidien, ils organisent des activités culturelles : des soirées cinémas, des concerts, des DJ's viennent mixer sur le campement.

Un seul d'entre eux a accepté de nous parler. C'est Roll Naumenko, 36 ans. Il est russe. Cela fait déjà un an qu'il vit là et il envisage encore de passer l'hiver sur place. Pour lui, ce Tipi Land, totalement destroy c'est le paradis sur terre.

Roll devant son tipi © Benjamin Illy.

 

Benjamin Illy nous emmène en balade au milieux des sioux qui peuplent Tipi Land :

Roll, mal réveillé après sa nuit dans le tipi © Benjamin Illy
 
Et si on pousse la balade un peu plus loin, Tipi Land prend des airs de "Destroy Land" :

"Destroy Land" © Benjamin Illy 

Retrouvez également le premier épisode de notre virée dans le Berlin pré-électoral.

Textes, reportage, photos : Benjamin Illy

Traduction : Alban Cajarville

/ le 17 septembre 2013

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