Do you hear me, Glastonbury ?

Par Augustin Arrivé / le 26 juin 2013
Do you hear me, Glastonbury ?
C'est l'un des plus gros festivals de plein air au monde. Glastonbury lance aujourd'hui sa 31e édition, toujours dans la même vieille ferme de la campagne anglaise. Les vaches sont rangées dans l'étable, les rockstars mondiales ont pris leur place.

 

Franck Mathevon s'est rendu across the Channel pour secouer ses cheveux aux rythmes des guitares basses :

 

Vous connaissez le point commun entre Jésus et le festival de Glastonbury ? Ils sont tous les deux nés dans une ferme. Pour ce qui est du second, il s'agissait de la ferme de Michael Eavis, à Pilton, dans le sud-est de l'Angleterre. En arrivant à Londres, vous tournez à gauche, et puis c'est tout droit sur 200Kms. Quand vous apercevez les stands de kébabs-pudding, c'est bon : vous êtes arrivés !

 

David Bowie, China Girl, Glastonbury Festival, 2000

 

La première édition remonte à 1970. Depuis Woodstock, l'été d'avant, chaque hippie de la planète veut son festoche près de chez soi. Michael Eavis, charmé par le concert de Led Zep à Bath, imite le concept chez lui, en éloignant les vaches. Le ticket d'entrée est à un penny. T-Rex est en tête d'affiche.

 

David Bowie se pointe l'année suivante. Il inaugure la grande scène pyramidale, la Pyramid Stage, inspirée du site égyptien de Gizeh. Ce qui compte, ce n'est pas tant la beauté architecturale que le gros trip mystique. La scène est censée capter les fluides telluriques émanant du sol. Fais tourner, c'est de la bonne.

 

Neil Young, Rockin' in the free world, Glastonbury Festival, 2009

 

Le Glastonbury Festival marque ensuite une pause, avant de revenir en 1978. Depuis, il a lieu quasiment tous les ans. Michael Eavis prend le contrôle du bazar. Le reste de l'année, la scène pyramidale sert de grange à foin pour son bétail.

 

Année après année, le tarif augmente. La solidarité hippie, ça va bien un moment, mais business is business. Huit pences en 1981, vingt fois plus trente ans plus tard. Mais ce n'est pas ça qui fera fuir le public : les 137.500 tickets de l'édition 2013 sont partis en une heure et demie, en octobre dernier.

 

Beyonce, Single ladies, Glastonbury Festival, 2011

 

C'est qu'il y a du beau monde à Glastonbury. Prenons l'édition 1995 : Jeff Buckley côtoie The Cure, Pulp et Jamiroquai, et les frères Gallagher n'annulent même pas leur concert. On atteint les 150.000 spectateurs en 2003 et 2004 avec Radiohead, Muse et Paul McCartney.

 

Le fermier Eavis est toujours l'ultime décideur. Et quand il veut reposer ses terres, il n'hésite pas à annuler l'événement. On dirait qu'ça l'gène de marcher dans la boue. Alors pas de festival en 1988 ou 1991 par exemple, histoire d'être certain de revoir pousser son gazon.

 

The Verve, Bittersweet Symphony, Glastonbury Festival, 2008

 

L'an dernier, c'est un problème de sécurité qui a empêché la tenue des concerts. Tous les policiers étaient réquisitionnés pour les Jeux Olympiques de Londres. No bobbies = no hippies. Etonnant, isn't it ?

 

Par Augustin Arrivé / le 26 juin 2013

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