Djokhar Tsarnaev, rockstar indésirable

Par Augustin Arrivé / le 18 juillet 2013
Djokhar Tsarnaev, rockstar potentielle
Peut-on mettre un terroriste en couverture d'un magazine de pop-culture? La version américaine de "Rolling Stone" s'y est risquée. Mais il semblerait que l'opinion publique apprécie fort peu l'initiative.

 

N'est-il pas mignon, ce garçon, en couv' du prochain numéro du Rolling Stone US ? La bouclette en bataille, il a quelque chose d'Adam Green, un rien de Jim Morrison... "Plutôt Max Boublil que Jim Morrison", me dit-on à ma droite. Bon OK, je m'excite peut-être un peu. En tout cas, il a l'air calme, gentil, presque romantique. J'ai bien envie d'écouter son dernier disque.

 

Problème : il ne s'agit pas d'une rockstar mais bien d'un terroriste. Ou plus exactement d'un homme mis en examen pour une trentaine de chefs d'accusation et qui a plaidé non-coupable la semaine dernière à l'ouverture de son procès. Djokhar Tsarnaev est soupçonné d'être derrière les attentats de Boston. Trois morts et 264 blessés le 15 avril dernier.

 

 

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La photo n'est pas gratuite. Elle annonce une enquête publiée en pages intérieures. Janet Reitman a passé deux mois à rencontrer les amis d'enfance du cadet des Tsarnaev, ses profs, ses voisins, et elle nous en fait le portrait, en promettant de nous expliquer comment un "charmant garçon" a pu muter en poseur de bombes.

 

Peu importe le contenu de l'article, cette seule couverture a déclenché une avalanche de critiques sur les réseaux sociaux. Sur twitter évidemment...

 

 

 

 

 

 

...mais aussi sur le compte facebook du magazine, où la photo, partagée plus de 4.000 fois ce mercredi soir, a été commentée par plus de 13.000 personnes. Ainsi un certain Andrew Cassidy choisit des mots fleuris : "Dear Rolling Stone, f*** you. Sincerley." De nombreux lecteurs promettent de se désabonner ou de ne plus jamais acheter la revue. D'autres signalent qu'il aurait été, selon eux, préférable de consacrer la couverture aux victimes.

 

Enfin si vous vous rendez sur le site internet de Rolling Stone, plus de trace de la photo en page d'accueil, il faut passer par le moteur de recherches pour la retrouver. En home, c'est la une du numéro de juillet, avec un aimable Johnny Depp grimé en indien, qui attend bien sagement vos clics.

 

Pas de réaction de la part de la direction de la publication. Mais ce buzz planétaire annonce vraisemblablement des ventes records. Ces deux mois d'enquête méritent peut-être qu'on lise l'article avant de hurler avec la meute. Nous verrons le résultat en kiosque le mois prochain.

 

Par Augustin Arrivé / le 18 juillet 2013

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