Dix ans après, James Brown ressuscite en BD !

Par Augustin Arrivé / le 21 décembre 2016
Dix ans après, James Brown ressuscite en BD
Dans "Black and Proud", Xavier Fauthoux nous raconte l'homme derrière la star du funk. James Brown, mort pendant la nuit de Noël 2006, était revenu de tout pour conquérir la scène. Et ça n'a pas été sans dommage...

 

James Brown est mort voilà déjà dix ans. Chaque mois de décembre, il faisait distribuer des cadeaux de Noël aux enfants pauvres d'Augusta, Georgie. Cette fois, il n'avait pas pu vider sa hotte, terrassé par une pneumonie. Dix ans plus tard, Michael Jackson, qui avait lu un éloge funèbre à son enterrement, y est passé aussi.

Que reste-t-il de James Brown ? The Hardest working man in show business, tyran de travail aux 80 albums (regardez sa fiche Wikipedia, elle est interminable), renaît aujourd'hui dans une belle BD hommage.

À l'origine, il y eut un court-métrage. Nous sommes en 2012, Xavier Fauthoux répond à un concours : il faut créer un clip sur l'un des tubes du Parrain de la Soul. Il choisit It's A Man's Man's Man's World et remporte la timballe avec un film d'animation d'une beauté insolente, retraçant tout le parcours de James, depuis la petite cabane paternelle d'Augusta, déjà.

 

Director's Cut - James Brown music video - It's Man's Man's Man's World from SHOOT THE BOSS on Vimeo.

 

Il a été question de l'adapter en long-métrage. J'ai même rencontré Deanna Brown, sa fille. Et puis on s'est fait doubler par le biopic officiel Get On Up, et ça n'a pas abouti. Je me suis dit qu'il fallait que je réécrive le scénario en format BD. 


 

La voilà, cette bande dessinée. On retrouve les plans cinématographiques du petit film d'animation, ce trait si reconnaissable et l'imagerie du petit garçon en salopette confronté à la ségrégation. Mais Xavier Fauthoux approfondit son sujet. Il nous livre la vie d'un homme tourmenté, qui se laissera rattraper par ses démons.

 

Extrait de "Black and Proud, James Brown", de Xavier Fauthoux © Marabulles, 2016

 

James Brown, fils d'un père alcoolique et violent, deviendra lui-même un paternel absent, et mari brutal. "Souvent quand on a eu une enfance douloureuse, on reproduit les mêmes schémas." Ado survivant, il travaille comme rabatteur dans un bordel, s'enfonce dans la petite délinquance, finit derrière les barreaux. "C'est grâce à la prison qu'il s'en est sorti. Il y a rencontré Bobby Byrd, son partenaire de scène." Et il y apprend enfin à lire et à écrire.

Quand il sort de taule, il a l'esprit de revanche. Il veut devenir une star et va réussir à force de travail. Un jour, il vole la scène pendant l'entracte d'un spectacle de Little Richard, et se fait immédiatement remarquer. Sexuel, transpirant, il plonge les spectatrices dans des transes inouïes. Son band deviendra son entreprise, et il malmène ses employés, les pousse à bout.

 

Extrait de "Black and Proud, James Brown", de Xavier Fauthoux © Marabulles, 2016

 

La BD met en parallèle cette carrière funk (le mot vient de l'argot américain, une insulte faite aux Noirs par les suprémacistes blancs) avec la lutte pour les droits civiques. Brown s'inscrit dans cette histoire, même si son positionnement a souvent évolué, passant de cette revendication, Black and Proud, qui donne son titre à l'album, à une tournée pour les GI's au Vietnam. Jonglant entre un discours de paix pour étouffer des émeutes à Boston et un soutien invraisemblable du président Nixon. L'anecdote rappelle d'ailleurs l'image plus récente de Kanye West rendant visite au président élu Donald Trump dans son gratte-ciel new-yorkais.

Brown n'était pas Martin Luther King. Il n'avait pas des opinions très à gauche. C'était avant tout un self-made-man, son discours, c'était : "Do it yourself". 


 

 


Illustration de couverture : Black and Proud, James Brown, de Xavier Fauthoux © Marabulles, 2016

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Et réécoutez le Soul Club de Francis Viel
spécial James Brown

 

Par Augustin Arrivé / le 21 décembre 2016

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