Deux web-séries, deux systèmes-D

Par Augustin Arrivé / le 05 octobre 2013
Deux web-séries, deux systèmes-D
La principale différence entre une série et une web-série (à part le "web-"), c'est le budget. En plein Marseille Web Fest, le festival international des web-séries, le Mouv' vous présente deux réalisateurs talentueux et débrouillards.

 

 

 

Zozo est un extraterrestre cyclope qui s'enfuit de planète en planète avec sa grande antenne sur la tête. Le petit personnage est né de l'imagination d'Alexandre Follain. Un garçon certainement inquiétant, à en juger par les rivières de sang qu'il fait traverser à son héros : épines dorsales arrachées, enfants décapités, Alf dépecé :

 

 

Alexandre Follain est avant tout graphiste. Formé aux Gobelins, il travaille en freelance. Ce dessin animé, il le porte depuis des mois, il y travaille sur ses jours de congés, avec trois camarades, tous bénévoles. Pour lancer la deuxième saison, ils ont fait appel aux internautes. Le crowdfounding leur a rapporté 2.500€, de quoi acheter du matériel informatique et se permettre, de temps en temps, de refuser un contrat de graphisme.

 

Alexandre Follain, le papa de Zozo

 

Il sait qu'il ne pourrait pas faire exister Zozo à la télévision. Les chaînes françaises financent des dessins animés pour les enfants, mais presque rien pour les ados et les jeunes adultes qui sont clairement sa cible. Mais peu importe : il aime la liberté de ton que lui offre internet. Sur Viméo, il n'est pas censuré. Il s'amuse. Et sa série est devenue sa carte de visite : ses clients savent, en la regardant, ce qu'il peut leur proposer.

 

Une mascotte à destination du monde entier. Il a pensé à tout pour trouver le succès. Zozo est muet. C'est exprès et c'est pratique : de cette façon, tous les internautes de la planète peuvent le comprendre. A raison d'un épisode par mois, la fanbase ne devrait pas tarder à enfler. Nous, en tout cas, au Mouv', nous sommes conquis.

 

 

 

 

L'humanité est décimée. Une catastrophe inconnue a ravagé la Terre. Un homme a survécu. Militaire, engagé dans la Marine, il a passé six mois sous l'eau, à l'abri, dans un sous-marin. Il a découvert le drame en regagnant la surface. Ses camarades de garnison se sont suicidés ou sont morts de faim. Il est le seul encore debout. Du moins le croit-il en déambulant dans un New York crépusculaire :

 

 

Rubidium Wu sait qu'il se plait sur le net, il le sait d'autant mieux qu'il travaille à la télévision. Réalisateur de publicités, d'abord en Australie puis à New York, il avait envie d'autre chose, de raconter une histoire, et de quitter les strass pour une plongée dans la noirceur. The Silent City aura été cette bonne occasion.

 

Rubidium Wu, réalisateur de "Silent City"

Le problème, évidemment, c'est que, lorsqu'on est habitué à brasser des centaines de milliers de dollars pour un spot de vingt secondes, on peut avoir du mal à s'adapter au budget du web. Il récupère 12.000$ sur Kickstarter, et se lance dans la débrouille. S'il travaillait sur une publicité, il aurait fait construire un décor d'apocalypse. Le voilà contraint de chercher ce décor déjà terminé dans des quartiers abandonnés de la Grosse Pomme. Pas d'argent pour payer les autorisations de tournage, tant pis, on tourne quand même.

 

C'est très réussi, alors les internautes en redemandent. 190.000 vues minimum par épisode sur sa chaîne Youtube. Autant de public à ne pas décevoir. Alors au moment de lancer le chantier de la saison 2, il préfère attendre un peu. Il veut doubler, tripler son budget, pour être certain de faire aboutir ce qu'il a en tête. Vivement : nous aimerions bien savoir ce que le héros trouvera en marchant vers l'ouest. 

 

Plus d'informations sur le festival par ici !

> Et retrouvez ici le seul épisode de la web-série Fear on the Mouv'


Par Augustin Arrivé / le 05 octobre 2013

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