Des plans sur la comète

/ le 06 août 2014
Des plans sur la comète
Après dix ans de voyage à travers l'espace, la sonde Rosetta arrive enfin, ce mercredi, à proximité de sa cible : la comète Churyumov-Gerasimenko. Une destination de vacances un peu isolée mais qui permet d'éviter les bouchons.

 

Reportage à la Cité de l'Espace de Toulouse, par Axelle Labbé :

 

L'Agence Spatiale Européenne a bien des mérites, parmi lesquels celui de trouver des noms faciles à retenir pour ses sondes. Celle qui nous occupe aujourd'hui s'appelle Rosetta, ça sent la charcuterie et les frères Dardenne, c'est court et musical. Rosetta a été lancée dans l'espace depuis Kourou, en Guyane, le 2 mars 2004, pour rejoindre, plus de dix ans plus tard (soit ce mercredi 6 août) l'orbite de Churyumov-Gerasimenko, une comète aux qualités mnémotechniques nettement moins avancées (la faute aux deux scientifiques ukrainiens éponymes qui l'ont découverte).

 

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L'ASE a su, en outre, s'entourer des meilleurs stylistes. Rosetta est belle comme la joie. "Certains disent qu'elle ressemble à une cacahuète ou à canard de bain", raconte Aurélie Moussi, responsable des opérations scientifiques au CNES. "Ca nous a tellement fait rire que désormais, lorsqu'on parle de site d'atterrissage, on en parle en termes de morphologie du canard."

400 millions de kilomètres séparent aujourd'hui Rosetta de la Terre. Pour s'éloigner autant, il a fallu utiliser les forces gravitationnelles du système solaire et donc, grosso modo, éviter la ligne droite pour privilégier une trajectoire en spirale qu'aucun Tom-Tom ne se risquerait à suggérer à son automobiliste. Après 6,4 milliards de kilomètres sans encombre, c'est le moment de la mise en orbite.

 

Simulation du harponnage de la comète par le robot Philae © Agence Spatiale Européenne

 

Au mois de novembre, Philae, un robot-laboratoire, sera largué sur la surface de l'astre pour tenter d'en analyser la consistance et comprendre ainsi les origines du système solaire. Xavier Penaud, animateur scientifique à la Cité de l'Espace de Toulouse, est conscient de l'enjeu : "Il s'agit de se demander si les comètes n'ont pas favorisé au moment de la formation de la Terre l'arrivée sur notre planète de molécules carbonées indispensables à la vie."

Ces derniers mètres ne seront pas les plus simples : l'expérience étant inédite, on n'est pas totalement sûr de la densité du sol de la comète. La phase de harponnage est pleine d'incertitudes. "On n'a pas envie de rebondir, ni de s'enfoncer", reconnait Aurélie Moussi. Jusqu'ici, en tout cas, c'est un sans faute.

 

Mise en page : Augustin Arrivé

Photo de couverture © CNES, 2014

 

/ le 06 août 2014

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