Des élus mexicains en guerre contre les séries TV sur le narcotrafic

Par Augustin Arrivé / le 02 novembre 2016
Des élus mexicains en guerre contre les séries TV sur le narcotrafic
Le succès planétaire de "Narcos" sur Netflix booste les productions de séries télé sur le thème du trafic de drogue. Certains parlementaires mexicains ne voient pas cette tendance d'un très bon oeil.

La première saison de Narcos a été regardée, aux Etats-Unis, par 3,2 millions d'internautes en moyenne par épisode. Les statistiques (tenues secrètes par Netflix) avaient été révélées en janvier dernier par la chaîne américaine NBC. Ce feuilleton, qui raconte la traque de Pablo Escobar par les services antidrogues de la police fédérale américaine, a connu depuis une deuxième saison, tout aussi suivie.

Au Mexique, où le trafic de drogues est une composante essentielle de la société, d'autres séries télé surfent sur le phénomène. Rosario Tijeras, diffusée sur Azteca 3, trace le destin d'une ado d'un quartier malfamé de Mexico devenue mercenaire de la guerre des gangs. Les Mexicains peuvent aussi revoir la carrière de Pablo Escobar dans la centaine d'épisodes que compte El Patron del Mal, ou suivre son émule sexy, Teresa Mendoza, dans La Reina del Sur (retransmise en France par la chaîne France Ô sous le titre Teresa), deux production colombiennes diffusées dans le pays.

 

 

Le genre a même un nom : les "narconovelas". On y tremble aux côtés de ces anti-héros, d'odieux criminels internationaux avec assez de sang sur les mains pour repeindre la frontière texane. Zoe Robledo et Lia Limon détestent voir la jeunesse devant ces programmes. Le premier est sénateur, la seconde députée. Ils président les commissions aux affaires télévisuelles du Parlement. Et ils considèrent qu'Escobar n'est pas forcément le modèle de réussite à présenter aux enfants.

Nous ne voulons pas interdire ces séries, mais simplement qu'elles soient diffusées à une heure appropriée.


 

C'est ainsi que Zoe Robledo présente leur projet commun : obliger les chaînes gratuites mexicaines à ne programmer ces épisodes qu'en pleine nuit, entre minuit et 5h du matin. Les chaînes du câble ne seraient pas concernées par la proposition de loi, bénéficiant déjà d'un filtre parental.

Des responsables du ministère de l'Intérieur et de l'institut en charge des télécommunications seront bientôt rassemblés autour d'une table pour réfléchir au barême des sanctions des télévisions contrevenantes. Il faut peut-être ça pour lutter contre le narco-trafic, responsable (selon des estimations assez vagues) de 100.000 morts en dix ans. Sans parler du fléau de la corruption.

 

 


 

Crédit photo : photo promotionnelle pour Narcos, par Chris Brancato, Doug Miro et Carlo Bernard © Netflix, 2015

 

Par Augustin Arrivé / le 02 novembre 2016

Commentaires