Des détenus publient un clip de rap en hommage aux victimes du 13 novembre.

Par Benjamin Mathieu / le 16 novembre 2016
Des détenus publient un clip de rap en hommage aux victimes du 13 novembre.
l'association Beat It mène depuis des années en Lorraine des ateliers rap en prison. Le dernier se déroulait en novembre 2015, à Toul. Un morceau "13 novembre" et un clip ont vu le jour, diffusé sur Youtube pour le premier anniversaire des attentats parisiens.

Il s'appelle Rachid Wallas, c'est une figure du paysage hip-hop en Lorraine. Fondateur de l'association Beat It avec son pote DJ Spaig, Rachid mène depuis des années des ateliers rap dans des écoles, des hopitaux, mais aussi depuis cinq ans en prison. L'année dernière, au moment des attentats à Paris, il travaille justement à la prison de Toul. Les détenus se mettent naturellement à écrire sur le 13 novembre.

Le thème de l'atelier s'est en fait imposé de lui-même, sans qu'on ne force les détenus. Ils se sont mis à écrire des morceaux qui parlaient des attentats, comme "13 novembre" qu'on a trouvé vraiment puissant. On s'est dit que ca serait bien du coup d'en faire un clip. 


 

L'association réussit à convaincre l'administration pénitentiaire de venir tourner un clip à l'intérieur de l'établissement. Bien évidemment les visages des rappeurs/détenus sont cachés; ils tournent derrière un fond vert pour inscruter les images de Paris en post-production. La force de ce morceau, s'est de démonter les théories sur la radicalisation systématique en prison sans pour autant nier le phénomène.

Les trois rappeurs qui ont posés sur ce morceaux sont musulmans. On parle beaucoup de la prison comme un lieu de radicalisation, mais il y aussi des gars qui sont pas dans ce délire. On a vu plein de gars choqués parce qu'il se passait. Y'a pas que des méchants musulmans en prison qui n'attendent que de sortir pour faire des attentats.


 

Rachid Wallas et l'association Beat It n'ont aucunes ambitions derrière ce projet, l'idée était juste de mettre en image un morceau qu'ils trouvaient fort, de mener un projet à son terme et de faire sortir à l'extérieur un vrai travail artistique de détenus. Beat It cherchent d'ailleurs d'autres prisons pour mener de nouveaux ateliers d'écritures. L'association qui fait la promotion des cultures urbaines en Lorraine intervient également dans les écoles, les hopitaux, foyers pour jeunes en difficulté, MJC... 

Par Benjamin Mathieu / le 16 novembre 2016

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