Des abribus customisés contre les violences faites aux femmes

Par Augustin Arrivé / le 25 novembre 2016
Des abribus customisés contre les violences faites aux femmes
A l'occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, un collectif militant a remplacé les publicités d'une centaine d'abribus parisien par des signalements de victimes.

 

"Maryline B. tuée à 53 ans le 23 juillet à Carnaux. Son meutrier est son ex. 62e féminicide de l'année." Le message est inscrit en grosses lettres sur un abribus parisien. L'histoire de Maryline est facile à retrouver, en cherchant dans la presse régionale. Le quotidien La Dépêche raconte comment cette boulangère du Tarn a été poignardée au thorax sur son lieu de travail. D'après ses collègues, elle se sentait épiée. Les enquêteurs remonteront la piste jusqu'à l'un de ses anciens compagnons.

 

 

Ce 25 novembre est officiellement "Journée Internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes". Une date instaurée par l'ONU en 1999. Le collectif Insomnia Riot porte bien son nom. Cette nuit, pendant que la plupart des Parisiens dormaient, ces militants (qui se définissent comme "un collectif féministe qui lutte contre les propos sexistes, misogynes, homophobes et haineux") ont débarrassé de leurs affiches les abribus de Paris. Pas tous, mais une centaine, c'est déjà beaucoup. Remplacés par le descriptif de cent femmes tuées en 2016 par des hommes.

Une statistique effarante : une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son compagnon ou d'un ancien conjoint. Comme Maryline la boulangère. Comme Manon aussi, "15 ans, tuée à Gleize le 12 septembre". Cette lycéenne du Rhône a été victime d'un camarade de classe. "Des amis très proche" d'après le parquet de Lyon, cité à l'époque par l'AFP. Elle aussi est commémorée sur un abribus, ce vendredi.

 

 

Insomnia Riot demande la reconnaissance pénale du féminicide (le "meurtre d'une femme parce qu'elle est une femme") et l'utilisation de ce terme dans les médias au lieu de parler de "drame conjugal", "champ lexical du spectacle qui minimise la violence vécue" (dixit une activiste anonyme interrogée par Buzzfeed).

En Italie, le quotidien Corriere della Serra a choisi une démarche assez proche, en publiant aujourd'hui en une des visages de victimes de ces féminicides. Pour qu'on ne les oublie pas, et que la société réfléchisse sérieusement à ce fléau.

Si vous êtes victime de violences, ne restez pas enfermée dans votre silence. Il existe un numéro de téléphone gratuit et totalement anonyme : le 39.19. Ca pourrait vous sauver la vie.

 

 


 

Photo de couverture : compte twitter du collectif Insomnia Riot

 

Par Augustin Arrivé / le 25 novembre 2016

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