Démocratie 2.0 : c'est vous qui décidez

/ le 29 novembre 2013
Démocratie liquide : c'est vous qui décidez !
"La démocratie 2.0", c'est le thème du deuxième Forum Mondial de la Démocratie organisé par le Conseil Européen à Strasbourg. Trois jours passés à phosphorer sur la démocratie du futur. Conclusion : citoyens engagez-vous !

 

Cette année le Forum Mondial de la Démocratie a réuni à Strasbourg 1.700 participants venus de 130 pays, du 27 au 29 novembre. Une trentaine de projets ont été mis en avant : la plupart du temps sous la forme de site web. Ces pionners de la démocratie 2.0 inventent tout simplement de nouvelles façons de gouverner avec le citoyen au centre de tout !

Les jeunes européens missionnés pour interroger l'avenir pendant le forum © Benjamin Illy, Le Mouv'

 

En Tunisie, on va encore plus loin que la démocratie 2.0. Place à la démocratie 4.0 !

tunisie4.org, c'est un site internet piloté par l'association culturelle Nesselfen qui produit et met en ligne des webdocs et des fictions déroulant différents scénarios sur l'évolution de la société tunisienne. Il s'agit de se projeter vers l'avenir, d'imaginer la Tunisie en 2024. Une Tunisie devenue état policier ou encore une Tunisie dirigée par une femme, tout est possible ! Les internautes sont aussi mis à contribution puisque l'association invite les jeunes à filmer eux-mêmes leur vision de la démocratie dans le pays. Démocratie qui se cherche encore presque trois ans après la révolution de Jasmin.

 

Benjamin Illy, de la rédac' du Mouv', a laissé traîner son micro au Forum Mondial de la Démocratie de Strasbourg. Cliquez ci-dessous :

Dans les coulisses du World Forum for Democracy © Benjamin Illy, Le Mouv' 

 

Il y a aussi l'exemple de la Finlande, avec le site : avoinministerio.fi

Depuis peu, la constitution finlandaise laisse la possibilité à tout citoyen d'imposer une proposition de loi dans l'agenda parlementaire. Les députés sont obligés d'examiner cette proposition si elle est accompagnée d'une pétition recueillant 50.000 signatures (l'équivalent de 1% de la population finlandaise). Pour faciliter le processus, l'ONG Open Ministry a ouvert ce site collaboratif, une plateforme de brainstorming, avec des ateliers en ligne, où les citoyens débattent et se font aider de juristes pour rédiger la pétition. Une forme de co-production législative qui échappe au politique.


Porto Alegre, au Brésil, est un labo permanent, devenu aujourd'hui une "wikicity" grâce au site : portoalegre.cc

Wikicity, carte à l'appui © B. Illy

Un site web qui s'enrichit des contributions des internautes, c'est le principe du wiki. Faire appel à l'intelligence collective, c'est peut-être ça aussi la démocratie 2.0 ! Les citoyens deviennent "experts". Portoalegre.cc a pour objectif de cartographier le territoire et d'identifier les problèmes que rencontrent les habitants.

 

Ensuite il faut élaborer des solutions. Les problèmes signalés remontent automatiquement jusqu'à la mairie de Porto Alegre. Mais la plupart du temps ce sont les citoyens eux-mêmes qui déclinent les solutions trouvées sur le terrain. Comme lorsqu'une mobilisation a permis de ramasser plus d'une tonne de déchets sur la plage.

 

Depuis mars 2011, 1.800 causes à défendre ont été recensées par les habitants, allant de l'environnement, à l'économie, en passant par la culture ou la sécurité.

 

Mais la démocratie 2.0 dépend évidemment de l'accès au réseau des réseaux et certains pays, comme Cuba sont encore déconnectés.

La dictature sévit toujours. Et la démocratie liquide (forme de démocratie directe dont on a beaucoup parlé au Forum de Strasbourg), ce n'est pas pour tout de suite chez les frères Castro. Dans les couloirs du Palais de l'Europe, nous avons rencontré un grand nom du journalisme cubain indépendant. Un dissident de l'agence Cubanacan Press, prix Sakharov 2010 du Parlement Européen : Guillermo Fariñas !

Guillermo Fariñas dans l'hémicycle du Conseil Européen © Benjamin Illy, Le Mouv'

 

Lui estime que pour mettre en place ce genre de démocratie liquide :

Il faut avoir plus de 60% de la population connectée à internet pour avoir une interaction correcte. Mais à Cuba, seulement 2% de la population est connectée. Le gouvernement censure ou restreint l'accès. Il est réservé uniquement aux personnes très proches du pouvoir. Mais rien pour le citoyen moyen, et encore moins pour les opposants, mais je ne perds pas espoir !


 

En France aussi, la démocratie 2.0 commence à se développer. Un exemple : questionnezvoselus.org

Ce site internet a été créé en mai dernier par Pascal Derville, 40 ans, hôtelier dans la vie de tous les jours. Il n'a pas d'étiquette politique, mais il est citoyen jusqu'au bout des ongles, bien décidé à tirer nos élus vers plus de transparence. Problème pour l'instant : le taux de réponse des élus ne dépasse pas 15 % . La France a encore du chemin à faire vers le démocratie 2.0.

Pascal Derville, répond à Benjamin Illy :

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Au Kenya, on tente d'abord de faire respecter la démocratie tout court.

Le laboratoire kényan I Hub veut pousser vers plus de probité au moment de se rendre aux urnes. Pour ne plus revivre les violences qui ont suivi les élections de 2007. Tout se passe sur téléphone portable grâce à une appli mobile ou par SMS. Le principe : dénoncer les fraudes électorales en temps réel. Mark Kamau, fondateur du projet, a déjà réuni 10.000 membres. Explications au micro de Benjamin Illy :

 

A droite, Mark Kamau fondateur de I Hub © Benjamin Illy, Le Mouv'

La démocratie 2.0 dévoile les limites de la démocratie réprésentative. Les élus n'étant pas parfaits, faut-il que les citoyens prennent le relais ?

Brainstorming sur la démocratie liquide entre deux débats © Benjamin Illy, Le Mouv'

Reportages, photos, mise en page : Benjamin Illy


/ le 29 novembre 2013

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