Demandez le journal des Vieilles Charrues !

/ le 22 juillet 2013
Demandez le journal des Vieilles Charrues !
Le Mouv' vous offre des nouvelles fraiches du plus grand festival français, qui a pris cette année des allures de village gaulois. Phoenix, Neil Young, Rammstein et même Bruel on porté leur plus beau casque ailé. Demandez le journal des Vieilles Charrues, par Toutatis !

 

Lundi 22 juillet 1h00 : Bye bye Carhaix

Voilà, c'est fini. Le Mouv' quitte le village et ses gaulois déjantés. Mais ne vous en faîtes pas : on a gardé une gourde de potion magique. Pour s'en mettre une petite lampée derrière le gosier, rendez-vous le 14 août à St Malo. Le Mouv' vous emmène sur La Route du Rock.


A l'année prochaine ! 

Dimanche 23h40 : Phoenix enfonce le clou

Phoenix aux Vieilles Charrues © Sébastien Sabiron

Les versaillais superstars investissent la scène Glenmor devant une foule chauffée à blanc par la prestation de Busy P. Pas le temps de souffler, les tubes s'enchaînent sans temps morts. Habitués des grandes scènes, les français occupent l'espace. Thomas Mars plonge dans la foule dès le premier morceau. Heureux d'être aux Vieilles Charrues, et on les comprend.

 

Dimanche 20h : Santana remet le courant

Alt-J vient de nous offrir un aller simple pour la stratosphère. En apesanteur, direction Glenmor. Carlos Santana nous attrape au vol et on ne redescend plus. Une reprise de Sunshine of Your Love de Cream après l'intro en forme de medley, puis l'enchainement qu'on aurait pas oser demander : Black Magic Woman et Oye Como Va.

D'un coup, on repense aux vinyles de Papa Maman, aux grandes heures du Flower Power et ça le fait. La suite s'étire un peu en longueur. On aime ou pas.

Santana en terre bretonne, par Sébastien Sabiron

 

Dimanche, 18h55 : Alt-J (Δ) pour l'apéro

Un dimanche au soleil sur la plaine de Kerampuilh. Tout en douceur, le quatuor britanique impose sa pop planante au public de la scène Kérouac. Leurs mélodies intimistes et atmosphériques produisent l'effet escompté : on inspire un grand bol d'air breton et on profite de l'instant peace. On n'a jamais trouvé mieux à l'heure de l'apéro.

Réveil ouaté avec Alt-J  © Mathieu Ezan

 

01h32, entrée en scène de The Roots !

Tête d’affiche de la soirée, le groupe rap culte de Philadelphie apparaît sur l’énorme scène Glenmor sur fond de projections psychédéliques. The Roots, grosse sensation, le groupe qui a prouvé dès les années 90 que le rap pouvait aussi être une musique organique, jouée sans sampleurs; avec un groupe de vrais musiciens. Enorme son et foule en liesse plutôt curieuse qu’experte mais qui ne va pas tarder à se laisser électriser par la musique et le show.

The Roots © Christophe Crénel

1h25 de live à l’américaine comme au temps des grandes revue funk type Earth Wind and Fire avec les standards du groupe réinterprêtés en version frénétique et de quoi surprendre le public avec une série de clins d’oeils à de grands standards, allant d’Immigrant Song de Led Zeppelin à Move on up de Curtis Mayfield en passant par des dédicaces à James Brown, Guns’n’roses, Donna Summer ou les Shadows...

The Roots © Christophe Crénel

Pas le temps de souffler décidément; Questlove, le batteur et Black Thought, le rapeur, les 2 historiques du groupe sont accompagnés par une équipe de furieux un bassiste, un percussionniste, un clavier, un Soubassophoniste (énorme tuba !) et un guitariste chanteur absolument bluffant.

Premier rang conquis © Christophe Crénel

 

Petite chorégraphie finale sur scène pour conclure la soirée en beauté avec des festivaliers heureux et un peu sonnés qui partiront tout doucement cuver la potion magique vers le camping

Samedi 21 Juillet, 21h50 :

Météo France nous annonçait la fin du monde. Tonnerre, éclairs, déluge, boue, tout le tintouin. En fait non, à peine deux trois gouttes. A la place on a eu Neil Young et son déluge de décibels. Un grand bonhome. Reportage sur son concert à voir, à lire et à entendre ici.

Neil Young aux Vieilles Charrues, par Sébastien Sabiron

BRNS : du pot belge en perfusion

Ils sont la sensation pop du moment et en plus ils sont sympa. Pendant que -M- enflammait Glenmor, les quatre jeunes belges de BRNS (prononcez "Brains" : "cervelle", référence aux films de zombies) incendiaient la scène Xavier Graal. Un concentré d'énergie brute aux accents tribaux, un chanteur-batteur (Tim Philippe) inspiré et une cohésion au sein du groupe qui fait plaisir à voir.

Le Mouv' vous offre leur tube "Mexico" live aux Vieilles Charrues :

BRNS assure le show, par Christophe Crénel

 

On les a découverts il y a un peu plus d'un an avec Wounded, un long EP (ou un petit album) de sept titres difficilement étiquettables. Des textes sombres, mais une pop lumineuse, teintée d'influences post rock et indie. A la fois évident et alambiqué, le son de BRNS s'écoute aussi avec les pieds.

"De la pop accidentée" selon Antoine, bassiste et choriste de BRNS au micro de Sébastien Sabiron


A l'origine du groupe, il y a deux potes de lycée, Diego (guitare) et Antoine, qui joue déjà avec le batteur Tim  dans différentes formations. Les trois larrons se retrouvent au sein de BRNS pour composer de la musique qui leur ressemble. Ils s'adjoignent les services de César aux percussions. Wounded voit le jour au terme de longues jam-sessions. Un seul impératif : le feeling.

Tim et Diego : "BRNS, c'est l'art du contrechamp" au micro de Sébastien Sabiron :

De gauche à droite : Tim, Diego et Antoine, par Sébastien Sabiron

Signe des temps, BRNS a été propulsé grâce au web, sans forcément chercher à intégrer le circuit des labels. Avant de signer chez Naïve au printemps dernier, le combo bruxellois a parfaitement su gérer sa com' et la diffusion de Wounded sur les réseaux sociaux.

Pas de stratégie, mais une méthode naturelle pour ces "digital natives", comme l'explique Antoine

Lecture
 
 
Bermuda's Power, par Sébastien Sabiron

 

Après les Vieilles Charrues, BRNS enchaîne avec Le Paléo Festival à Nyon (Suisse), l'Appletree Garden Festival à Diepholz en Allemagne, puis s'envole pour Porto Vecchio en Corse avant le retour en Belgique à la rentrée. L'occasion de rentabiliser leurs jolis bermudas.

Vendredi, 22h25 : l'hommage de -M- au papa des Charrues

 

Instant particulier, émouvant, suspendu, dans cette 22 ème édition. -M- a rendu hommage à Jean-Philippe Quignon, le co-président des Vieilles Charrues disparu le 7 septembre 2012. L'artiste était ami avec "Jean-Phi", figure emblématique du festival, un défricheur qui a su donner aux Charrues cette dimension si éclectique.

 

Sur les paroles de "La bonne étoile", Mathieu Chedid invite le public à "rendre poétiques" les objets qui font de la lumière. Des milliers de portables s'éclairent au bout des bras. Et le temps s'arrête.

 

 

 

Ecoutez l'hommage de -M- à Jean-Philippe Quignon, par Benjamin Illy et Emilie Mazoyer :

 

Pour le reste, du -M- fidèle à lui même. Le guitar hero revisite tout ses standards avec classe : "Le Baptème", "Je dis aime", "Machistador", "Qui de nous deux"... Accompagné seulement d'une batterie et d'un second guitariste, il joue le dépouillement musical et l'exubérance scénique. Clin d'oeil à Hendrix, il s'offre même un solo avec les dents. Et comme toujours à Carhaix, le public exulte.

Solo sans les mains, par Sébastien Sabiron 

 

On imagine d'ailleurs qu'en arrivant dans sa loge carhaisienne, Mathieu Chedid retrouve ses pantoufles. -M- a vieilli avec les Charrues, fait sautiller des générations de festivaliers, innondé Kerampuilh de ses riffs hendrixiens. Son histoire avec Carhaix est née avec le siècle. C'était en 2000 et ça nous rajeunit pas.


 

Vendredi 19 juillet, 19h : Patriiiiiiiiiiiiiiick !

 

C'était pas gagné. Remplacer Elton John au pied levé. Investir la scène Glenmor pour la première fois de sa carrière avec un passé encombrant (mais assumé) de chanteur à minettes. Et pourtant depuis l'ouverture du festival, Carhaix tenait les paris : et si c'était Bruel, la surprise cette année ? L'évènement populaire, familial et festif qui met tout le monde d'accord ? Pari Gagné.

Benjamin Illy a vécu le concert au milieu des spectateurs :

Devant un parterre de fans ultimes (mention spéciale a la rangée de groupies, chacune deux lettres du nom de l'idole sur le postérieur) et de festivaliers moqueurs ("Quand même, heureusement qu'on est saouls") Bruel a su rassembler. Pus de 50 000 personnes, quasiment deux fois plus que Rammstein la veille.

Bruel fait chanter Carhaix © Pierre HENNEQUIN

 

Et pour entamer un set pas forcément gagné, autant aller à l'essentiel : l'idole dégaine "Place des grands hommes" en ouverture (batterie syncopée en prime). Forcément, on repense au TOP 50, aux après-midi de notre enfance, et on commence gentiment à taper du pied.

Petit à petit, la bruelmania fait son nid sur la plaine de Kerampuilh. Le second degré des débuts laisse place au petit plaisir régressif de guincher sur du Bruel. Et le bonhomme fait danser, il fait même valser sur "Mon amant de St Jean"  et les Charrues prennent des airs de balloche géant.

Diplomate, Patrick rend hommage à Sir Elton John avec une reprise de "My song", et s'offre même une petite incursion dans le rap avec "Mots d'enfants", une chanson sur les dangers d'internet signée par la Fouine. Un bémol : les morceaux du dernier album (Lequel de nous, sorti en 2012) fonctionnent beaucoup moins bien que les tubes de Pat'. 

"Je pars dans un trip pop rock" Patrick Bruel se raconte au micro de Benjamin Illy :

Un obscur remplaçant pour Elton John , par Benjamin Illy 

Après une heure et demie de ce karaoké régressif, les sceptiques du début résument le show façon slogan de footeux : "Patriiiiiiiiiiick est magique ! Eltoooooooooooooon est tragique !"  Sir Elton appréciera.

 

Vendredi 19 Juillet : au campement des gaulois

La rédac du Mouv' les a entendu brailler jusqu'à 6 heures du mat'. Vers 14h au réveil, les stigmates de cette première nuit de débauche se lisent sur leurs visages. C'est un peu le principe au camping des Vieilles Charrues : bringue obligatoire, sommeil optionnel.

A l'entrée, on croise les nouveaux arrivants chargés comme des mulets. La fouille au checkpoint est aussi pointilleuse qu'un jour de G 20. Un bénévole s'égosille dans son mégaphone et rappelle les règles de sécurité :

Attention au feu ! Venez chercher des cendrillers ! On a des casquettes pour la tétête et des capotes pour la bibite...


 

A l'intérieur, ambiance veillée d'armes en attendant les concerts. Les gaulois cherchent l'ombre et Ronan trône au milieu des ses vassaux. Ronan, c'est le chatelain de Carhaix. En 15 ans de festival, il est devenu la mascotte du camping. Chaque année, de nouveaux amis intègrent sa confrérie des "chevaliers de la table pliante." Ronan a perdu sa voix pendant Rammstein, alors il épanche, mais toujours frais...

Cliquez sur le player pour entendre la voix sexy de Ronan, par Sébastien Sabiron

 

On croise aussi un Obelix en nage, deux coureurs échappés du Tour, des romains infiltrés, un bad boy pas si méchant... Et vous savez quoi ? On a pris plein de photos...

 

Cliquez en haut à droite pour les voir en plein écran

 

18 Juillet 22h30 : Rammstein über alles

On ne nous avait pas menti. Rammstein c'est du lourd, du brutal, du qui pique sévère. Débarqués avec leurs huit semi-remorques et leurs 26 tonnes de matos (éclairage, pyrotechnie) à suspendre au plafond de la scène Glenmor, les divas du metal allemand ont fait le Job. Une heure et demie de grand-guignol avec des flammes, du sang et du vomi.

Ecoutez le reportage de Benjamin Illy :

 

La musique d'abord : des riffs bulldozer, une batterie qui décolle les tympans et des nappes de synthés pour la touche wagnérienne, Rammstein ne fait pas dans le détail. Les six membres du combo enchainent leurs tubes à tonalité martiale. "Ich will", "Feuer Frei", et l'incontournable "Du hast", repris en coeur par le public :

Cliquez sur le player pour une tranche de "wunderbar", par Sébastien Sabiron

 

Pas de tromperie sur la marchandise non plus en matière de pyrotechnie, les flammes ponctuent le show, sortent du sol, du plafond, des guitares. Alors qu'un vrai-faux fan lourdingue s'invite sur scène, le leader Till Lindemann l'arrose de son lance-flammes, puis l'éteint avec un énorme extincteur. 

Arrivé sur scène en moumoute rose, Lindeman enchaine les rictus tordus et les postures provocantes. Il se mue en boucher sadique, tablier de cuir, machète à la main et hémoglobine sur le visage. Dans ce show pompier aux accents SM, tout y passe et rien ne nous est épargné : jets de viande rouge, vomi sur le devant de la scène et simulacre de sodomie. Tout un poème. 

 


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Dans un final tout en finesse, Lindemmann enfourche un pénis géant qui arrose la foule de mousse. Les Rammstein ne donneront aucune interview, préférant sans doute à la compagnie des journalistes celle d'une trentaines de jolies festivalières selectionnées pour l'after en backstage.

 

En attendant Rammstein

Les teutons du metal indus sont attendus comme le messie sur la plaine de Kerampuilh. On nous prédit un show démentiel, une pyrotechnie hallucinante, avec des lance flammes et même une exhibition de (fausse) quéquette, gimmick habituel du leader Till Lindemann.

Dès 18h, l'armée furieuse des fans de "die band" investit les devants de la scène Glenmor. On préfère les croiser en Festival que dans une ruelle sombre un soir d'hiver. Mais en vrai, ils sont tous très sympas...




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Jeudi 18 juillet: tous les trains mènent à Carhaix

 

Décidément, ils sont fous ces bretons ! Sur le quai de la gare de Guingamp, débarquement de tentes "deux secondes", de sacs de couchage, de provisions solides et surtout liquides pour quatre jours. On imagine mal comment tout ce beau monde pourrait rentrer dans les deux voitures de TER affrétées pour Carhaix. Et pourtant ça passe, serré, entassé sur les sièges et pressés d'en découdre.

 

 

Cette année les Vieilles Charrues se transforment en village gaulois, puissance mille : 92 bardes se succèderont sur les 2.300m² des cinq scènes de la plaine de Kerampuilh. Et 150.000 festivaliers ont déjà leurs billets pour le grand banquet.

 

Premier contact de Benjamin Illy avec les Gaulois en furie :

Une heure et demie de traversée en plein coeur de la campagne bretonne. Pendant le festival, l'omnibus Guingamp/Carhaix explose les compteurs : 9.000 personnes en quatre jours, 10% de la fréquentation annuelle de la ligne. "Un moment exceptionnel" selon Joël, le contrôleur :

 

Pour cette soirée d'ouverture, quatre concerts au programme : Raphaël, the Hives, Rammstein et Vitalic. Pour accueillir la pyrotechnie démentielle des allemands de Rammstein, les Charrues ont dû pousser les murs de la scène Glenmor, ce monstre de métal affiche une surface de 1.000m².

 

 

 

De son côté Vitalic achèvera de faire danser les festivaliers de la scène Kerouac. Armé de son 3ème album Rave Age, taillé pour le dancefloor, l'empereur de la French Touch déclinera son VTLZR tour, un show très visuel où la lumière est le 4ème membre du groupe.

 

 

Les Germains de Rammstein sont chez nous, par Toutatis ! © Christophe Crénel

 

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)



/ le 22 juillet 2013

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