David Mitchell publie une nouvelle sur Twitter

Par Augustin Arrivé / le 15 juillet 2014
David Mitchell publie une nouvelle sur Twitter
Le romancier anglais publie toute la semaine une nouvelle sous forme de mini-messages. Quelques dizaines de tweets matin et soir jusqu'à dimanche pour découvrir autrement l'histoire d'un petit garçon et d'une mère sous cachetons.

 

Né au Royaume Uni, il a vécu en Italie, au Japon, et habite maintenant en Irlande quand il ne voyage pas à travers le monde pour présenter ses livres. Le concept de frontières est assez flou pour David Mitchell, auteur (entre autres) de Cartographie des nuages (Cloud Atlas en V.O., adapté au ciné par la fratrie Wachowski). Le web lui va bien, et les réseaux sociaux d'autant plus.

Son compte Twitter (@david_mitchell) était pourtant relativement pauvre jusqu'au début de la semaine. Créé au printemps dernier, il ne comptait qu'une dizaine de posts, principalement destinés à promouvoir la sortie prochaine de The Bone Clocks, son futur roman. Et puis le 9 juillet apparut ceci :

 

 

"Quelque chose de remarquable sera transmis par David ce lundi 14 juillet. Soyez là. 7h GMT." La formulation est un peu prétentieuse, présomptueuse peut-être, mais elle suscite la curiosité. Et effectivement, ce lundi 14 juillet à 7h GMT (il était 8h à Paris), David Mitchell publia ces deux phrases : "On sortit du bus numéro 10 au niveau d'un pub appelé The Fox and Hounds. « Si quelqu'un pose la question », me dit ma mère, « raconte que nous sommes venus en taxi. »" 

 

 

Seul, ce tweet n'a rien pour exciter les foules. Mais il n'était que le premier d'une longue série : David Mitchell a fait le pari de publier en une semaine une nouvelle entière sur Twitter. Il poste son texte, dans l'ordre chronologique, tous les matins entre 8h et 8h20 puis tous les soirs entre 18h et 18h20.

The Right Sort (c'est le titre) raconte la vie d'un garçon qui vit avec sa mère dépressive, un brin désorientée par les valium qu'elle picore depuis son divorce. Un jour, l'enfant va tester les cachets et y prendre goût.

 

 

A la BBC qui l'interrogeait hier sur ce brusque engouement pour Twitter, David Mitchell a préféré jouer franc-jeu : "Je ne suis pas très branché réseaux sociaux. J'aime avoir mon intimité, et depuis Snowden on sait qu'il y a assez de monde qui travaille à nous voler cette intimité pour qu'on n'ait pas besoin, en plus, de leur simplifier le boulot. Je n'ai pas envie d'ajouter des âneries à cet océan de superficialité."

Une fois qu'il avait bien vidé son sac, il en est venu au fait : "Je sors un nouveau livre en septembre, je voulais organiser des événements pour promouvoir cette sortie et mon éditeur m'a persuadé d'ouvrir un compte Twitter au moins pour annoncer la tenue de ces événements." Il a alors imaginé ce concept, nettement plus original :

Le truc, c'est que ça m'ennuyait d'utiliser cette technologie seulement pour dire, grosso modo : "salut ! je vais publier un roman ! achetez-le !". Je trouvais ça ringard.


 

Il a donc choisi de proposer cette fiction pour attirer des followers. Et après un pareil cadeau, on ne lui reprochera pas, ensuite, de faire un peu sa promo.

 

On compte sur vous pour lire The Right Sort jusqu'au bout. Car il existe aussi des livres qu'on ne finit jamais. Palmarès en cliquant ici.


Photo d'illustration : couverture de The Bone Clocks, à paraître en VO chez Sceptre le 2 septembre

 

Par Augustin Arrivé / le 15 juillet 2014

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