David Cameron lance la chasse aux clandestins

Par Augustin Arrivé / le 31 juillet 2013
David Cameron choque l'Angleterre
Le gouvernement britannique sait choisir les mots qu'il faut. La nouvelle campagne d'affichage visible dans les rues de Londres en est la preuve. Le thème : l'immigration clandestine. Le slogan "Go home". Direct. Concis. Choquant.

 

Ce n'est pas vraiment une erreur de débutant. David Cameron s'était déjà fait remarquer en mars dernier. Le premier ministre britannique avait annoncé qu'il réduisait l'accès aux systèmes de santé des immigrés. Même régime sec pour les aides au logement et à l'emploi. "Nous voulons des gens qui s'intéressent à ce qu'ils peuvent offrir à la Grande Bretagne." Il comparait l'immigration à du "tourisme médical".

 

Il récidive aujourd'hui. Des camions sillonnent Londres. Sur leurs flancs, des affiches : une paire de menottes et une question. "Vous êtes au Royaume Uni en situation irrégulière ? Rentrez chez vous, ou vous serez arrêté." Ca a le mérite d'être clair. Si vous voulez des conseils pour rentrer dans votre pays d'origine, Downing Street vous suggère d'envoyer "home" par SMS au 78070.

 

 

Si vous n'êtes pas convaincu, une statistique écrite en énorme et encadrée saura vous faire plier : "106 arrestations la semaine dernière dans votre quartier". A vos risques et périls. La police est à vos portes.

 

Tollé général dans le pays. L'opposition politique est vent debout. Même les partenaires de Cameron au sein de la coalition gouvernementale grimacent. Le ministre du commerce, Vince Cable, un libéral-démocrate, parle de campagne "stupide et repoussante". L'UKIP, le parti d'extrême-droite anti-européen et anti-immigration, proteste également : "c'est une horrible méthode", dixit son leader Nigel Farage.

 

Sur twitter, un hashtag (#racistvan) mêle parodies de la fameuse pub et messages de révoltes. Un certain John Russel incite par exemple à porter plainte auprès de l'ASA, une autorité de censure des médias et de la publicité. Pendant que Jess conseille à Cameron de retourner lui aussi d'où il vient, à Eton, où il était scolarisé.

 

 

 

Et puis il y a de fréquents points Godwin, évidemment :

 

 

La réponse du ministre de l'Intérieur, Mark Harper (à l'origine de cet affichage), est cynique et/ou pragmatique, selon votre penchant politique : "une société qui encouragerait les gens à violer la loi ne pourrait pas survivre, et c'est pourtant ce que demande l'opposition".

Le premier ministre, lui, avance un argument purement comptable : la facture de ces affiches s'élève à 10.000£ (11.500€) alors qu'une reconduite à la frontière coûte 15.000£ (17.000€). Ce sera donc rentabilisé dès qu'un premier clandestin sera rentré chez lui.

 

Par Augustin Arrivé / le 31 juillet 2013

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