Crise de l'immigration en Une partout sauf en France...

/ le 03 septembre 2015
L’immigration en Une partout sauf en France...
Un enfant syrien mort, échoué sur une plage turque après le naufrage de son embarcation en Méditerranée. Ce jeudi cette image s'affiche à la "une" de la presse européenne sauf des journaux français...
C’est "la photo de la honte". Celle d'un enfant syrien de trois ans, mort noyé. Sur ce cliché terrifiant on voit le corps échoué du bambin sur une plage turque, après avoir tenté la traversée jusqu'à l'île grecque de Kos. 

Selon les médias turcs, l’enfant photographié s'appelait Aylan Kurdi et il était originaire de Kobané. Son frère de cinq ans, a également trouvé la mort dans le naufrage. Une photo déjà érigée en symbole de la crise des réfugiés par la presse européenne.

La Une des journaux Européens

Au Royaume-Uni plusieurs journaux décident de mettre cette photo en Une. The IndependantThe Guardian,The TimesThe Daily Mail et même le tabloïd The Sun. En majorité ces titres avaient jusqu'ici adopté une ligne très dure envers les réfugiés sur la crise migratoire.

 

 

Et ils ont tous choisi de publier l'image particulièrement choquante. Le site le Huffington Post anglais interpelle même directement David Cameron, le Premier ministre britannique : « Fais quelque chose, David ! ». The Independant s'interroge : « Si ces images d'un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient pas l'attitude de l'Europe vis-à-vis des réfugiés, qu'est-ce qui le fera ? » En Italie, La Repubblica résume de son côté le sentiment général et titre : « La photo qui fait taire le monde. »


Les journaux français disent non !


Ce jeudi les journaux français ont tous préféré titrer sur des thématiques nationales… « La manif » des agriculteurs en tracteurs, par exemple. Libération, Le Figaro ou Le Parisien font le choix de ne pas publier la photo de l’enfant mort.

 

 

Et la question : cette image est-elle trop offensante pour être partagée en ligne ou imprimée dans les journaux ?

C’est ce qu’écrit Peter Bouckaert le directeur pour les situations d'urgence de Human Rights Watch. « Mais ce que je trouve offensant c'est que des corps d'enfants noyés viennent s'échouer sur nos rivages, alors que l'on aurait pu en faire plus pour leur sauver la vie », a-t-il ajouté expliquant avoir lui-même longtemps hésité avant de tweeter la photo du corps d'Aylan Kurdi. En tout cas cette photo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux, en témoigne cette conversation :

 

Avec un hashtag : #KiyiyaVuranInsanlik


L’image a rapidement envahi les réseaux sociaux sous le hashtag #KiyiyaVuranInsanlik ("l'humanité échouée" en turc). En Turquie d'abord, puis en Angleterre, en France aussi. Indignation des internautes : « Où va le monde? »,  « Plus Jamais ça ! », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui des dizaines de milliers de Syriens fuient la guerre, ils ont gagné la côte égéenne de la Turquie cet été pour rejoindre la Grèce, point d’entrée de l’Union européenne. Les agences humanitaires estiment qu’au cours du mois écoulé, environ 2 000 personnes ont effectué quotidiennement la courte traversée entre les côtes turques et les îles orientales grecques sur des bateaux pneumatiques.

 

 


Crédit photo: MAXPPP

 

/ le 03 septembre 2015

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