Colin Farrell milite pour le mariage homo

Par Augustin Arrivé / le 18 novembre 2014
Colin Farrell milite pour le mariage homo
Les Irlandais se prononceront en 2015 sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. L'acteur irlandais Colin Farrell a décidé de sortir de sa réserve pour devenir une figure du "oui".

 

L'Irlande est un pays à part en Europe. Les femmes n'ont pas le droit d'y avorter (sauf, depuis l'an dernier, si leur vie est en danger). Les scandales de pédophilie s'amoncellent autour du clergé local. L'emprise de l'Eglise sur les moeurs est encore grande. Mais c'est par référendum que le gouvernement a choisi de trancher la question du mariage pour tous. Le ministre de la Justice, Alan Shatter, l'a annoncé au début du mois: le vote aura lieu dans le courant du premier semestre 2015.

Et c'est un acteur de renommée internationale qui est apparu le week-end dernier pour prendre la défense du Oui. Colin Farrell a publié une tribune dans le Sunday World. Il raconte sa surprise quand il s'est rendu compte que son frère s'intéressait aux garçons: "J'avais 12 ans. Je me rappelle avoir été intrigué, curieux. Pas bi-curieux, avant que vous commenciez à vous faire des films."

 

 

L'artiste, père de deux enfants et longtemps poursuivi par des rumeurs sur sa possible bisexualité après son interprétation d'Alexandre Le Grand (pour Oliver Stone en 2004), avait déjà participé à une campagne de l'ONG Belong To en 2010, où il évoquait la violence subie par son frère. Il récidive aujourd'hui :

C'était différent de tout ce que je connaissais, de tout ce que j'avais toujours entendu, et pourtant, ça m'a semblé naturel. Mon frère Eamon n'a pas choisi d'être gay. D'accord, il mettait du eyeliner en classe, et ce n'était pas forcément la réponse la plus pragmatique à la torture qu'il subissait de la part des connards de l'école. Mais il restait fier de son identité.


 

Il explique ensuite la façon dont il aborde ce vote : "Il s'agit de rendre à nos frères et soeurs gays et lesbiennes des droits qu'on n'aurait jamais dû leur voler."  Un discours qui rappelle les interviews que donnait le comédien au moment de la sortie d'Alexandre : "Ca devait être fantastique de vivre à une époque où on n'avait pas à choisir entre hommes et femmes", affirmait-il à l'époque aux radios britanniques.

 

Extraits d'"Alexandre", d'Oliver Stone © Pathé Distribution, 2004


Il prolonge sa lettre ouverte sur le même mode : "Nous avons tout simplement l'opportunité de tirer notre chapeau à l'Amour dans toutes ses formes kaléidoscopiques et majestueuses." Alors que son frère a dû se rendre jusqu'au Canada pour se marier avec un compagnon qui partage sa vie depuis plusieurs années, il se moque du fait que lui, en tant qu'hétéro, puisse "sauter dans sa voiture, conduire quatre heures jusqu'à Las Vegas, se mettre une murge, rencontrer une femme et avoir Elvis pour célébrer le mariage en échange de 200$".

C'est le moment de voter pour que les générations futures sachent qu'un jour les Irlandais ont fait un pas de plus vers l'indépendance en se rendant indépendants des inégalités. (...) Le monde nous regardera, et nous allons montrer l'exemple. Menons-le vers la lumière.


 

On sait déjà que le camp du Oui bénéficiera du soutien du gouvernement, mais l'Eglise catholique a fait connaître son opposition catégorique. L'évêque de Kildare, Denis Nulty, a prétendu que "l'amour conjugal est une union entre un homme et une femme, une union dont doit bénéficier la société". Il n'a pas précisé en quoi l'amour homosexuel n'offrait pas ce genre de "bénéfices".


 


 

Le Mouv' vous propose un voyage en Lituanie, le pays le plus homophobe de l'Union Européenne. Ca se passe par là.

Photo de couverture : Cc FlickR David Shankbone


Par Augustin Arrivé / le 18 novembre 2014

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