Ciné : Dope, c'est de la bonne

Par Sébastien Sabiron / le 03 novembre 2015
Dope, c'est de la bonne !
Brisant les codes du teen movie et du film de banlieue, "Dope" nous entraîne dans un quartier chaud de Los Angeles, sur les traces d'un jeune geek noir qui "aime les merdes de blancs". Une comédie explosive, sur l'identité et la différence. Coproduit par Pharrell Williams et P. Diddy

Dope, ça c'est ma dope. Critique enthousiaste de Sébastien Sabiron :


Malcolm (l'excellent Shameik Moore) vit à Inglewood, en banlieue de Los Angeles. Un quartier défavorisé que ses habitants surnomment "les bas-fonds". Elévé par une mère célibataire, Malcolm n'a pour seul souvenir de son père qu'une VHS de Super Fly, un classique de la Blaxploitation.

© Happiness Distribution


En dernière année de Lycée, le jeune homme rève d'être reçu à Harvard. Sérieux, travailleur, il tente de faire abstraction de la violence des gangs qui gangrènent son quartier. Il se retrouve mélé à une affaire de drogue, entraîné malgré lui par le caïd du coin (interpreté par le rappeur A$AP Rocky).

© Happiness Distribution


De ce pitch inspiré de sa propre histoire, on aurait pu s'attendre à ce que le réalisateur Rick Famuyiwa déroule un film social, un peu plombant, emprunt des habituels clichés des films de gangs : violence, exclusion, ascenseur social bloqué pour un héros noir dans un monde dominé par les blancs.


Mais Dope nous joue une toute autre partition, celle de l'humour. Malcolm est un geek, tout comme ses deux meilleurs amis : la lesbienne Diggy (Kiersey Clemons) et Jib, le pote un peu lâche (Tony Revolori, le groom de The Grand Budapest Hotel).

Coiffé et sappé comme le Prince de Bel Air, Malcolm ne vit que pour le hip hop des années 90 et n"aime "que les merdes de blancs" : Game of Thrones, le skateboard, le bicross et la guitare électrique.

© Happiness Distribution


Avec ce décalage complet, le film joue sur la corde habituelle du teen-movie : un héros inadapté (grassouillet, puceau, intello, généralement les trois à la fois) doit survivre (et accessoirement perdre son pucelage) au milieu de lycéens cools et populaires.

Sauf qu'ici, les lycéens, qu'ils soient swag ou cheesy, peuvent prendre une balle perdue à chaque coin de rue.

© Happiness Distribution


Dope
mélange ainsi les codes, au sein d'une comédie jouissive, pas toujours très fine, mais bourrée de références. Quelque part entre SuperGrave et Boyz'n the Hood, il distille quelques vérités sur le communautarisme, l'identité, l'égalité des chances. Une sorte de "Geeks in The Hood", à voir d'urgence.

Dope, de Rick Famuyiwa, avec Shameik Moore, Kiersey Clemons, Tony Revolori. Happiness Distribution. Sortie le 4 novembre 2015.


 

Photos d'illustration © Happiness Distribution

Par Sébastien Sabiron / le 03 novembre 2015

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