#ChapelHillShooting : crime racial ou querelle de parking ?

Par Sébastien Sabiron / le 12 février 2015
#ChapelHillShooting : crime racial ou querelle de parking ?
Trois étudiants musulmans ont été abattus le 10 février en Caroline du Nord par un homme de 46 ans qui s'est rendu à la police. Si ses motivations ne sont pas encore claires, Twitter s'indigne du relatif silence médiatique qui entoure l'affaire aux États-Unis.

S'agit t-il d'un crime raciste ou d'une obscure querelle de voisinnage ? Mercredi soir (11 février), des milliers de personnes étaient rassemblées sur le campus de Chapel Hill en Caroline du Nord pour demander toute la lumière sur le triple meutre du 10 février. Sur Twitter, le hashtag #ChapelHillShooting a rapidement dépassé le million de tweets.

Deah Barakat, un étudiant en 2e année de faculté dentaire de 23 ans, sa femme, Yusor Abu-Salha (21 ans) et sa belle-sœur, Razan Abu-Salha (19 ans) ont été abattus dans leur copropriété par un homme du voisinage, peu avant 17h, heure locale.

Rassemblement Hommage à l'Université de Caroline du Nord / Capture d'écran Facebook


Une
page Facebook hommage décrit les trois victimes comme des américains d'origine syrienne parfaitement intégrés et évoque "un crime de haine", appelant dans le même temps  à "ne pas combattre le feu par le feu".

Querelle de parking ?

Dans un communiqué, la Police de Chapel Hill indique que l'enquête préliminaire s'oriente vers une querelle de voisinnage, à propos d'une place de parking. Mais elle n'exclut pas l'hypothèse d'un crime islamophobe :

Nous comprenons les inquiétudes à propos de la possibilité qu'il s'agisse d'un acte motivé par la haine et nous examinerons toutes les pistes pour déterminer si cela a été le cas.



Le tireur présumé a 46 ans. Craig Stephen Hicks s'est présenté de lui même à la police après la fusillade et a été immédiatement incarcéré.

                                                  Craig Stephen Hicks © Chapel Hill Police

 

 

Sur son profil Facebook, l'homme n'a jamais caché ses convictions anti-religieuses, sans désigner de confession en particulier :

Vus les énormes dégâts que votre religion a fait dans ce monde, je dirais que j'ai non seulement le droit, mais aussi le devoir, de l'insulter.



Le 20 janvier, l'homme avait également posté la photo d'un revolver calibre .38, précisant dans la légende que l'arme est chargée et qu'il dispose de 5 munitions supplémentaires. 

Indifférence médiatique

Émue par le caractère supposé islamophobe de ce triple meurtre, la twitosphère s'indigne encore plus du faible écho médiatique donné à l'affaire.

"Toujours aucune couverture sur CNN"

Si les médias locaux (comme la chaîne télé WRAL en Caroline du Nord) ont relayé l'information le soir même de la tuerie, il a fallu attendre le lendemain dans l'après-midi pour que les grands médias s'en emparent. Fox News s'est contenté d'une brèveSurprenant, dans un pays ou le "Breaking News" fait loi.

Suffisant pour qu'une partie des twittos considère que les musulmans américains sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Mais au delà de la faible couverture médiatique, certains s'interrogent sur le vocabulaire employé par les médias qui en parlent.  

Considérant que le cas de Chapel Hill aurait dû bénéficier du même traitement médiatique que toutes les autres fusillades scolaires, les américains indignés ont lancé un second hashtag : #muslimlivesmatter ("Les vies des musulmans comptent"), clin d'oeil au #BlackLivesMatter, crée après la mort de plusieurs jeunes afro-américains tombés sous les balles de la police il y a quelques mois.



Tensions raciales aux Etats-Unis : lire nos reportages sur la mort de Michael Brown à Ferguson : ici, et par ici

Images d'illustration : capture d'écran Facebook

Par Sébastien Sabiron / le 12 février 2015

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