Carnets de street-style #8 : Malika

/ le 23 juillet 2014
Carnets de street-style #8 : Malika
Chaque semaine, Marie-Alix Autet part à la chasse aux looks et vous livre le meilleur, rien que le meilleur, des tendances de la rue.

Comme tous les week-ends, la place de la République, est blindée ce samedi. Des skateurs, des musiciens de rue, et une foultitude de jeunes fashionistas venues tester leurs meilleurs looks du moment. J’ai de quoi faire, clairement, mais mon regard est très vite attiré par une grande liane en bustier et slim seconde peau, crête fièrement dressée sur le crâne.

Intriguée, je m’approche. Peut-être sont-ce les multiples diamants dont son top est littéralement pavé, peut-être est-ce ce maquillage très show off pour un après-midi de plein été, mais il y a quelque chose d’anachronique dans cette sorte de Grace Jones des temps modernes, qui discute sagement près d’un abribus.

 

 

Elle me demande si elle peut finir sa conversation avec son ami avant de m’accorder quelques minutes. Ce qui me laisse le temps de détailler son look de la tête aux pieds. Si la silhouette se veut résolument punk de la crête aux Doc Martens basses, je remarque sa parure en cauris, qui apporte une touche d’exotisme à l’ensemble.

« Afro punk », c’est ainsi que Malika définit, très vite, son look du jour lorsqu’on démarre l’entretien – je l’ai emmenée à l’écart, rue du Faubourg-du-Temple, juste à côté d’un graff représentant Jimi Hendrix, l’une de ses idoles. Niveau style, elle se dit encore influencée par Bowie ou par Prince. Le tout dans un "franglais" adorable – rien d’étonnant lorsque l’on sait que la jeune femme vit aux Etats-Unis.

Car Malika est une athlète de haut niveau, qui suit un sport études dans la communication et le business management dans la ville de Canyon, au Texas. Originaire du Burkina Faso, ayant grandi à Paris, cette créature aux multiples talents – elle est aussi mannequin et poétesse à ses heures – exprime sa personnalité de par son look, forcément excentrique.

Qu’elle articule néanmoins autour de deux constantes : le glamour, que l’on retrouve dans la féminité assumée du bustier bling (qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler, plus près de nous, une Madonna ou une Lady Gaga), et quelques touches d’exotisme pour rappeler ses racines et son virus du voyage. Il est temps de se pencher de plus près sur le look de cette jeune femme singulière.

 

 

L'inspiration people : Grace Jones

J’ai eu beau éplucher mes archives people en long, en large et en travers, ma première impression était donc la bonne : malgré son évidente influence afro punk, Malika s’inscrit définitivement plus dans la droite filiation de la grande Grace que dans celle d’une Tamar Kali. Même silhouette impeccable, même coupe de cheveux androgyne et surtout même collection de bustiers whaou, notre look de la semaine et la mannequin, actrice et chanteuse d’origine jamaïcaine sont grave raccord sur tous les plans.

Côté style, elles partagent ce goût pour le mélange des genres, côté make-up, un amour évident pour les teintes appuyées et shiny à souhait, et surtout côté personnalité : si Malika est athlète de haut niveau qui ne s’en laisse pas compter, n’oublions pas que Grace Jones a sérieusement donné du fil à retordre à Roger Moore dans Dangereusement Vôtre en incarnant May Day, James Bond Girl über badass qui botte un nombre incroyable de derrières en justaucorps 80’s hyper échancré. La classe, quoi.

 

Marie-Alix Autet (@mariealixautet)

/ le 23 juillet 2014

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