Carnets de street-style #7 : Jips

/ le 16 juillet 2014
Carnets de street-style #7 : Jips
Chaque semaine, Marie-Alix Autet part à la chasse aux looks et vous livre le meilleur, rien que le meilleur, des tendances de la rue.

En total look noir sur le bitume, Jips détonne parmi la foule de jeunes gens, tous bras et gambettes dehors, par un jeudi après-midi moite et poisseux – pour vous dire à quel point il faisait chaud, j’étais en train de me tâter pour un Mister Freeze à la boulangerie du coin quand j’ai repéré la silhouette dark de Jean-Philippe (mais comme vous l’aurez compris, il préfère donc qu’on l’appelle Jips) et sa dégaine sensiblement rock. Ma curiosité brûlante mit donc un terme au dilemme en cours, entre les parfums menthe et citron vert, si vous voulez tout savoir, et me voilà partie à interpeller le jeune homme.

Jips est bel et bien musicien comme le laissait supposer la housse de guitare sur son dos, et officie au sein du groupe pop rock indépendant Air Bag One. Mais quand je l’ai croisé, il partait au boulot, et ne se souciait pas vraiment d’être un peu overdressed pour les conditions climatiques. En même temps, il bosse dans un studio à Ménilmontant, ce qui éclaire ma lanterne quant au port dudit blouson, qui peut se révéler bien utile pendant de longues heures de travail dans un environnement climatisé. Toi-même tu sais, peut-être.

 

 

Du reste, il est écrit un peu partout sur son look que ce jeune homme est un adepte du rock’n’roll. Demandez-lui de vous parler de ses inspirations stylistiques et il vous citera Josh Homme, des Queens Of The Stone Age, ou Jamie Hince, des Kills. CQFD, les deux artistes en question portant le slim et les bagouzes mieux qu’aucun autre mâle sur Terre.

Force est de reconnaître qu’à côté de ces pointures du style rock, Jips se défend plutôt bien avec ce modèle « sprayed », comprenez usé, vieilli, blanchi. Qu’il chic-ise avec une paire de derbys en cuir glacé et un blouson bi-matière. Originaire de banlieue, il a grandi entouré de gens qui ne portaient « que des trucs larges », et ça n’a jamais été sa tasse de thé. Question d’esthétique. Son bonheur, et par conséquent son style, il le trouvera très vite, dans les fripes, à Paris.

Le tout pourrait paraître austère, mais ce serait sans compter sur la ribambelle de bracelets, bagues et colliers qui viennent ajouter une touche cool et estivale à cette silhouette 100% dark. Des bijoux que cet infatigable voyageur / incorrigible romantique (vous entendrez plus bas que cela va effectivement de pair) a ramené de ses escapades à travers l’Europe. Ce serait également sans compter sur le décalage ultime de ses ongles vernis, plaisir auquel il s’adonne régulièrement, sur les mains et sur les pieds s’il vous plaît. Un drôle d’oiseau que ce Jips. Il est temps de passer son look au peigne fin.

 

L'inspiration people : Nick Valensi

Jips a eu beau tenter de m’embrouiller, lorsqu’on en vient à l’attribution de l’inspiration people de la semaine, on ne peut pas me la faire à l’envers. J’ai l’impartialité chevillée au corps et la sentence dure, peut-être, mais toujours juste. De mémoire de street-stylist, jamais Josh Homme n’a arboré une si large encolure – qui reviendrait, pour les profanes qui me lisent, à faire enfiler à Daniel Craig un chemisier à col Claudine.

En revanche, ça ne pose aucun problème à Nick Valensi, guitariste des Strokes qui, tout comme notre ami Jips, profite de ses dispositions naturelles et de la mode du col béant pour dévoiler son torse imberbe à qui mieux mieux. Ajoutons à cela l’omniprésence du slim dans la garde-robe des deux musiciens ainsi qu’un amour immodéré pour les blousons ajustés et les bijoux rock et bohèmes, et nous avons notre fine équipe modasse de la semaine.

PS : certes, Nick Valensi ne porte pas de vernis à ongles, mais rayon maquillage, je suis retombée sur cette photo très compromettante de Josh Homme en farfouillant dans mes archives, je vous laisse apprécier...

 

Marie-Alix Autet (@mariealixautet)

/ le 16 juillet 2014

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