Carnets de street-style #12 : Jo

/ le 20 août 2014
Carnets de street-style #12 : Jo
Chaque semaine, Marie-Alix Autet part à la chasse aux looks et vous livre le meilleur, rien que le meilleur, des tendances de la rue.

Cet après-midi là, je me baladais du côté de Strasbourg Saint-Denis, avec en tête un objectif bien précis: faire ami-ami avec des sapeurs, représentants officiels du bon goût made in Brazza, qui ont leurs quartiers non loin. Après tout, nous avons beaucoup en commun, entre autres que nous considérons la mode comme une quasi religion.

A ceci près qu’entre un membre de la Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes et votre dévouée, il y a une légère différence de budget : point de fripes ou de grandes enseignes de fast-fashion suédoise ou espagnole, suivez mon regard, dans l’armoire de ces modistas assumées, le sapeur aime le luxe et n’hésite pas à y mettre le prix.

 

 

Comme Jo, croisé sur le boulevard Saint-Martin, qui avoue avoir un budget « totalement illimité » lorsqu’il s’agit d’assouvir sa passion pour le shopping. « La mode, c’est toute ma vie », dit-il en préambule, comme si le voir fendre la foule en attirant le regard de tous les passants un peu plus tôt ne suffisait pas. Il y consacre en effet tout son temps libre, fait le tour de ses boutiques préférées lorsqu’il sort du boulot et de quelques blogs mode lorsqu’il rentre chez lui.

Jo n’est pas un sapeur au sens traditionnel du terme, de ceux qui érigent le costume trois pièces et les Weston en uniforme – toutefois décliné dans un Pantone des plus variés. A l’instar des « play boys », il se démarque du mouvement originel en injectant du cool dans ce dandysme à l’africaine : jean et t-shirt viennent remplacer pantalon à pinces et chemise rayée, rehaussés d’accessoires aussi voyants que coûteux.

En revanche, la veste reste, mais elle tient presque davantage du déguisement avec sa queue de pie. Une façon de rappeler que l’élégance est au cœur de cette philosophie de vie, que Jo vit vraiment corps et âme. « Être bien habillé, c’est la seule chose qui compte. C’est ma façon d’exprimer ma singularité, mon identité, et mon moyen de montrer aux autres qui je suis. » Du coup, forcément, on veut savoir ce que son look dit de lui.

 

L'inspiration people : Pharrell Williams

En y regardant de plus près, Jo est finalement plus proche d’un Pharrell Williams que d’un Papa Wemba ou d’un Christian Loubaki, pères spirituels de la sapologie, de par, leur amour tant commun qu’immodéré pour les fringues, les vestes bien coupées, les couleurs pop et les accessoires de marque – et qui se remarquent.

Cela étant, si j’ai choisi Pharrell et non Kanye ou même Will I Am, c’est parce que l’ex Neptunes cultive un petit côté dandy suranné à coup de nœuds pap’ et de derbies pile en accord avec les préceptes de la sape. Qui mène notamment le chanteur de Happy aux front row des plus grands défilés – et à tailler la bavette avec Anna Wintour, papesse du Vogue US. Y'a pire.

 


 

>>  Retrouvez tous les carnets de street-style <<

Marie-Alix Autet (@mariealixautet)

 

 

/ le 20 août 2014

Commentaires