Carnets de street-style #10 : Ysatis

/ le 06 août 2014
Carnets de street-style #10
Chaque semaine, Marie-Alix Autet part à la chasse aux looks et vous livre le meilleur, rien que le meilleur, des tendances de la rue.

La semaine dernière, je commençais ce billet par « adieu short, cropped top et méduses », les yeux humides et le moral dans les chaussettes. Cette semaine en revanche, le baromètre est largement remonté, et son ersatz fashion passé d’ « avis de frais » à « look de plage », et il fallait bien ça pour affronter les 28 degrés inscrits au mercure dimanche.

C’est en cherchant le frais près du canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement, que je suis tombée sur Ysatis et ses amies. Plus exactement, mon regard tomba sur ses méduses à talons, en plastique saturé de paillettes. Mon sang ne fit qu’un tour : oui, je suis pour le port des méduses en ville, et si notre look de la semaine se suffit comme seule justification, je vous listerai quand même les raisons d'un plébiscite.

 

 

1. C’est pratique en tous temps, qu’il pleuve ou pas, 2. la structure aérée de la chaussure permet de contourner l’épineux dossier odeurs (selon une étude américaine, ça touche aussi les femmes), 3. c’est régressif, mais le genre ludique et mignon, pas le genre de régression tragique qui consiste à se servir de son distributeur PEZ avant de le ranger bien au chaud dans sa banane – vu il y a quelques semaines de ça dans le métro, ce formidable laboratoire stylistique qui vous fait vous demander, dans ces moments où vous ne pensez à rien, comment ça se fait que des gens arrivent à sortir de chez eux comme ça le matin. N’ont-ils pas de miroir ? Pas de voisins ?

Ysatis est franco brésilienne, née à Paris et vit actuellement à Anvers, en Belgique, où elle y suit des études de graphisme. C’est d’ailleurs là-bas, dans cette ville à la créativité bouillonnante (surtout en matière de fringues) que cette jeune fille pétillante a eu sa fashion révélation. « Avant, au lycée, j’avais un style classique, j’étais habillée un peu comme tout le monde. Tout a changé quand je suis arrivée à Anvers, les gens ont des looks vraiment ouf là-bas. J’ai un ami, hétéro, qui possède et porte un kilt rose, sans complexes ! » Vraiment ouf, en effet.

C’est donc à Anvers, dont le nom évoque immanquablement Dries Van Noten, Raf Simons ou encore Ann Demeulemeester, qui y ont fait leurs classes, qu’Ysatis se forge un look pointu, à coups de pièces fortes et rares qu’elle associe avec des basiques incontournables shoppés dans de grandes enseignes de fast-fashion. Sa dernière trouvaille, outre ses jelly shoes pailletées ? Ce t-shirt en édition limitée, qu’elle a dégotté en ligne, sur une e-boutique ne proposant que des articles exclusifs à la vente, designés par de jeunes couturiers sélectionnés sur concours.

Rare aussi, son tote-bag en coton déniché au fin fond d’une librairie bobo à Berlin, reprenant une gravure du dessinateur de BD américain Robert Crumb. Pas timide, elle dynamite le tout avec ces lunettes rondes, oversize et aux verres effet miroir – « ça fait chier les gens car ils se voient dedans, j’aime bien », lâche-t-elle avec un sourire narquois. Les photos ont été difficiles à prendre en effet. Mais plutôt que jouer à Où Est Charlie avec votre dévouée, penchons-nous un peu plus attentivement sur le look festival friendly d’Ysatis.

 

 

L'insipration people : Emma Roberts à Coachella

Je dois l’avouer, trouver le people qui se cache derrière le style d’Ysatis n’a pas été tâche aisée. Si de prime abord, j’ai pensé Aezalia Banks, Rita Ora, Solange ou même encore Katy Perry, ça ne collait jamais vraiment à chaque fois. Et puis, alors que je zappais entre les meilleurs look de Coachella 2014 (quel meilleur arbitre fashion que l’un des festivals des plus courus du monde, je vous le demande), je suis tombée sur cette photo d’Emma Roberts, et d’un coup ça a fait clic.

Même short en jean basique, taille haute et délavé, même cropped top imprimé – la nièce de Julia Roberts triche en rentrant son teesh dans le short en question mais ça fait la blague – et surtout mêmes lunettes miroir, sauf que celles d’Emma sont roses. Une Emma Roberts qui, pour faire bonne mesure, serait aller piquer les chaussures de son homonyme britannique Nicola Roberts, ancienne chanteuse des Girls Aloud et ardente défenseuse (oui ça se dit) des jelly shoes, qu’elle arborait en version noire lors du même festival.

 

Marie-Alix Autet (@mariealixautet)

 

 

/ le 06 août 2014

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