Carl Barât et Benjamin Biolay ressuscitent Monteverdi

Par Augustin Arrivé / le 25 décembre 2013
Carl Barât et Benjamin Biolay ressuscitent Monteverdi
Pour vous aider à franchir Noël, nous vous conseillons de vous brancher ce mercredi après-midi sur Arte Live Web. Vous y découvrirez un opéra baroque du XVIIe siècle interprété par Carl Barât (des Libertines), Marc Almond (de Soft Cell) et Benjamin Biolay. Curieux.

 

Noël, Noël, c'est bien joli, mais bon, le repas familial bientôt terminé, à quoi pourrait-on occuper cet après-midi férié ? A écouter le Mouv', ça va sans dire. Mais nous ne sommes pas vaches, il y a d'excellentes initiatives qui méritent d'être soulignées, ainsi celle d'Arte Live Web qui rediffuse à 17h Pop'pea, un opéra baroque de Monteverdi revisité par le compositeur américain actuel Michael Torke.

 

Pop'pea, de Michael Torke, représentation au Châtelet, à Paris © Théâtre du Châtelet, 2012

 

Le casting est fou. Carl Barât, le guitariste des Libertines, y joue Néron, l'empereur qui fit brûler la cité de Rome. Face à lui, Benjamin Biolay (à mille lieues de son hymne pour l'Olympique Lyonnais) est Othon, le mari trompé. Entre deux rues en flammes, Néron couche avec sa femme, la dite Poppée (Valérie Gabail, une authentique soprano), sans tenir compte des conseils de son précepteur, Sénèque (qui ressemble ici à s'y méprendre à Marc Almond, l'ex-leader de Soft Cell) (d'ailleurs, c'est lui). Vous vous en doutez : tout ça risque de mal finir.

A l'origine, il s'agit d'un classique du style baroque, Le couronnement de Poppée. Un prologue et trois actes interprétés pour la première fois au teatro San Giovanni e Paolo de Venise en 1642. Le compositeur, Claudio Monteverdi, ne connaissait rien des Libertines. A regarder la partition originelle de plus près, la filiation est assez ténue :

 

 

Le couronnement de Poppée, de Claudio Monteverdi, au Teatro Real de Madrid en 2010 © Dynamic

 

Jean-Luc Choplin, le directeur du théâtre du Châtelet y a pourtant trouvé un véritable esprit rock'n roll. Et Michael Torke (compositeur, entre autres, de la cérémonie d'ouverture des J.O. d'Atlanta) ne l'a pas contredit : "Monteverdi a réinventé l'opéra en simplifiant ce qui existait déjà. C'est aussi comme ça que le rock est né. Il a digéré la complexité de la musique populaire pour en sortir une mélodie simple."

L'Américain s'est donc occupé de mêler les mélodies d'origine à de nouvelles harmonies, et d'y apposer des paroles. Carl Barât rejoint l'aventure : "je n'y connaissais rien en musique classique, et c'était fatigant à apprendre, il faut beaucoup de concentration." Puis c'est au tour de Benjamin Biolay, contacté par Barât en personne. Et le Français ressent les mêmes difficultés : "Au départ, jouer et chanter en anglais était une hantise", raconte-t-il à l'Express. "Je n'avais pas bachoté autant depuis le Conservatoire." Les deux néophites s'en sont, finalement, plutôt bien sortis.

 

Carl Barât est Néron dans Pop'pea, de Michael Torke © interview Théâtre du Châtelet, 2012

 

Pop'pea, opéra pop de Michael Torke, à retrouver sur Arte Live Web ce mercredi 25 décembre. Cliquez ici à partir de 17h.

Et retrouvez Carl Barât en session accoustique pour le Mouv' en cliquant par .

 


 

Illustration de couverture : affiche du spectacle tenu au théâtre du Châtelet, à Paris, en juin 2012.

Par Augustin Arrivé / le 25 décembre 2013

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