Brad Pitt prié par l'Equateur de renoncer à un film

Par Augustin Arrivé / le 12 mai 2015
Brad Pitt prié par l'Equateur de renoncer à un film
La star vient d'acquérir les droits d'adaptation d'un livre-enquête sur le procès ayant opposé un géant pétrolier américain à une association de peuples amazoniens. Un hashtag a été lancé pour le supplier de ne pas porter cette histoire à l'écran.

Rafael Correa, le président équatorien, prend la parole chaque samedi à la télévision publique de son pays. Au début du mois, il a utilisé ce temps d'antenne pour inviter très officiellement Brad Pitt à venir visiter la région du Lago Ario. "Re-venir" plus exactement, puisqu'il s'y est déjà rendu avec Angelina Jolie en 2012.

Sauf que depuis, l'acteur a acquis les droits d'un livre, La loi de la Jungle, que l'Etat équatorien n'a pas tellement envie de voir adapter par Hollywood.

 


Rafael Correa appelle à un boycottage mondial... par afp

 

L'histoire remonte aux années 60. Sixties pas tellement swing pour les habitants de cette région amazonienne. En 1964, une compagnie pétrolière, la Texaco Petroleum, se lance dans l'exploitation d'un million d'hectares de forêt. Elle balance ses déchets sans vergogne dans la nature. Les sols se retrouvent contaminés, les rivières également. Le massacre durera jusqu'en 1990.

Ce n'est qu'en 2012 que la justice accorde raison aux Amazoniens. 30.000 d'entre eux s'étaient réunis en association, dénonçant des cas de cancers, de leucémies... La Texaco Petroleum, rachetée depuis par Chevron, est alors condamnée à 9,5 milliards d'euros d'indemnisation. C'est cette histoire que Paul Barrett raconte dans cette Loi de la Jungle., parue l'an dernier. A ceci près qu'il égratigne salement l'image de l'avocat des Équatoriens, présenté comme un manipulateur habile, capable de falsifier des preuves.

Le président Correa craint qu'une adaptation ciné supervisée par les grands studios californiens fasse la part belle à l'argumentaire des pétroliers, qui accusent le pouvoir de Quito de fraude.

Brad Pitt ne sait sûrement pas dans quoi il est en train de mettre les pieds.


 

Le chef d'Etat, qui tweete régulièrement sur le sujet s'adresse ensuite directement à lui :

Nous savons que tu vas faire les bons choix et t'assurer que ces mensonges ne se retrouvent pas à l'écran.


 

Cette phrase est immédiatement devenue un hashtag populaire, #BradDoTheRightThing. Une pétition circule depuis sur Change.org. avec au moment où nous écrivons ces lignes quelques 2.000 signatures. La sauce est en train de prendre sur le web...

 

 

 

 

Pour l'instant, Brad Pitt n'a pas officiellement réagi. Ses faits et gestes seront désormais scrutés par tout un peuple.

 

 


 

Photo de couverture : Cc FlickR DoD News Features

Par Augustin Arrivé / le 12 mai 2015

Commentaires