Boulox (Movez Lang) est décédé

Par Yérim Sar / le 06 novembre 2016
Boulox (Movez Lang) est décédé
Le rappeur du 92 et acolyte de toujours de Lim nous a quittés.

C'est par l'intermédiaire du rappeur Lim que la nouvelle a été officialisée : son ami Boulox, lui aussi MC de Boulogne-Billancourt, s'est éteint suite à des problèmes de santé. Le boss du label Tous Illicites a posté plusieurs messages sans équivoque sur ses réseaux sociaux, rendant hommage à son camarade disparu : "repose en paix tu étais le meilleur d'entre nous, le plus conscient, je t'aime mon frère".

 

Originaire du quartier du Pont de Sèvres et membre du groupe Movez Lang aux côtés de Cens Nino et Lim, Boulox aussi appelé Boulox Force était également issu de l'école Beat 2 Boul. De son vrai nom Djibi Diop, il avait commencé à rapper à la fin des années 90 et on a pu le retrouver au sein de son groupe sur les albums Beat 2 Boul pour commencer.

 

Ses apparitions en featuring ou sur les freestyles légendaires avec Les Sages Poètes de la rue ou le reste du B2B (Sir Doum's, Nysay, Malekal Morte...) étaient toujours au niveau. Puis Movez Lang a enchaîné avec l'album Héritiers de la rue, qui contient notamment les classiques C'est ça gars, Qui crée la violence, D'où vient l'erreur, La vie est pleine de surprises et tant d'autres. On pourrait presque citer l'intégralité des morceaux ; malgré leur jeune âge, ce premier disque est considéré par certains comme un incontournable. Plus généralement, Boulox a été au même titre que ses deux acolytes l'un de ceux qui faisait ce qu'on appelle aujourd'hui du "rap de rue" avant même que ce soit particulièrement la mode, la scène de Boulogne étant plutôt réputée pour son côté technique à l'époque.

 

Il a activement participé à l'aventure indé que constitue le label Tous Illicites drivé par Lim. Si son album solo n'a jamais vu le jour, il était régulièrement présent sur pratiquement tous les projets menés par Lim, et surtout il a rejoint ses deux compères pour le second album de Movez Lang : Associés à vie, suite logique et cohérente de leur premier opus malgré les 9 ans qui les séparent.

 

En terme de style pur et de personnalité, comme Cens Nino, Boulox était certes plus discret que Lim et moins fou, mais il n'a jamais eu à rougir de quoi que ce soit lorsqu'il croisait le micro avec ses collègues. Voix marquante qui devenait vite éraillée quand il augmentait le volume pour s'énerver en plein couplet ou quand il la faisait traîner en fin de mesure, textes plus centrés sur le fond et le message que sur la frime, il savait cependant être hardcore quand il le fallait ce qui donnait parfois à l'auditeur l'impression curieuse que le bonhomme n'a jamais perdu son énergie juvénile... Boulox avait un côté finalement très humain et assez sage, les pieds toujours sur terre. Il n'a jamais eu l'ambition de devenir une star et préférait rester en retrait, mais à chaque fois qu'il a fait acte de présence, ça a plutôt été une réussite. En tant qu'artiste, à son échelle, il a contribué à écrire une des plus belles pages de l'histoire du rap français, et, depuis ses collègues jusqu'à la nouvelle génération comme Alpha Wann ou Georgio, les hommages se multiplient.

Repose en paix.

 

 

 



crédit photo : capture d'écran youtube

Par Yérim Sar / le 06 novembre 2016

Commentaires