Blowfly, mort d'un pionnier du rap

Par Sébastien Sabiron / le 18 janvier 2016
Blowfly, mort d'un pionnier du rap
Il était considéré comme l'un des premiers rappeurs de l'histoire. Clarence Reid a.k.a Blowfly est mort d'un cancer du foie à l'âge de 76 ans. Sa marque de fabrique : des paroles salaces sous un costume de super héros super kitsch.

Bien avant le rap sale de French Montana, les pépés à gros néné de Snoop et le bouchon de liège de Kaaris, Blowfly avait déjà explosé tous les contours de l'expression "ne pas faire dans la dentelle". Considéré comme l'un des premiers morceaux de hip hop, son Rapp Dirty, donne le ton en 1980 :

Ici c'est Blowfly, le maître d'école / Et j'suis ici pour t'enfiler un peu de soul dans le cul / Mecs et meufs, gouines et pédés / Je vais rapper dans ton oreille jusqu'à ce que ton cul soit en lambeaux. 


 

 

Relativement inconnu dans nos contrées, cet esthète de la prose fleurie est mort dimanche 15 janvier, comme l'a annoncé sur Facebook son manager et fidèle batteur Tom Bowker :

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Our man Clarence Reid has passed. His earthly life may be gone, but his music will last forever. Thanks so much for all...

Posté par tom bowker sur dimanche 17 janvier 2016

 

Mouche à viande

Né en 1939 dans une Géorgie encore ségrégationniste, Clarence Reid fait ses armes en tant que "plume" chez TK Records, un label de Miami. Il signe des titres soul et funk pour plusieurs artistes dans les années 60 et 70, avant de créer son propre personnage.

                                              Blowfly dans l'un de ses costumes de scène


Avec son costume ridicule de super héros à paillettes et ses paroles bien vulgos, Blowfly (littéralement "Mouche à viande") s'attire une communauté de fans dès la parution de son premier album The Weird Wild World of Blowfly en 1971. Un documentaire lui est consacré en 2011 (en anglais) :


Le "premier gangster rappeur" 

Sur des rythmiques funky, Blowfly sera l'un des premiers à scander ses paroles plutôt que de les chanter. Ice-T a été le premier rappeur à rendre hommage à celui qu'il considère comme "LE maître" :



Snoop Dogg
, dont les productions G-Funk doivent beaucoup au son de Blowfly s'est lui aussi fendu d'un tweet hommage.


Snoop avait consacré une large place à Blowfly dans GGN ("Double G News"), son show enfumé sur YouTube. Le rappeur y livre sa version paillarde de I Believe I Can Fly qui devient I Believe my dick can fly... Classe.


Hospitalisé en soins palliatifs pour un cancer du foie en phase terminale, Blowfly comptait faire son grand retour sur scène en 2016. Il laisse un album posthume (son 27 ème !) qui sortira en février sous le titre 77 rusty trombones

 


 

Images d'illustration : © Gravitas Ventures

 

Par Sébastien Sabiron / le 18 janvier 2016

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