#BeenRapedNeverReported : des victimes de viol sortent de leur silence

Par Julie Davico-Pahin / le 26 novembre 2014
#BeenRapedNeverReported : des victimes de viol sortent de leur silence
Depuis plusieurs jours, un hashtag est apparu sur Twitter : #BeenRapedNeverReported ("J'ai été violé et je n'en ai jamais parlé"). Des victimes de viol sortent pour la première fois de leur silence et racontent pourquoi elle n'ont pas porté plainte.

Le mouvement est parti de l'autre côté de l'Atlantique, au Canada. Deux journalistes discutent d'une affaire qui secoue le pays. Un ancien animateur radio, Jian Ghomeshi, est accusé de viols.

L'actrice Lucy DeCoutereet l'avocate Reva Seth compterait parmi ses victimes.

 

Problème, les agressions remontent à plus de dix ans. Les deux journalistes se demandent alors pourquoi il a fallu tant de temps pour que les victimes brisent le silence. Et surtout pourquoi elles n'ont jamais porté plainte.

 

Elles-mêmes agressées sexuellement dans le passé, les deux journalistes Sue Montgomery et Antonia Zerbisias, décident d'apporter leur soutien public et, elles aussi, de dévoiler leur histoire. Dans un tweet, elles lancent donc le hashtag #BeenRapedNeverReported. En 140 signes, tout est dit : "Je crois Lucy, je crois les femmes. Et oui, moi aussi j'ai été violée et je n'en ai jamais parlé."


Un tweet qui va libérer la parole de milliers de femmes à travers le monde. Au Canada d'abord puis aux États-Unis et enfin partout dans le monde. Chacune livre son témoignage et explique pourquoi elle n'est jamais allé voir la police : "Parce qu'à 17 ans, j'étais ivre et effrayée", "Parce que c'était mon mari", "Parce que cela m'a pris dix ans à comprendre que ce n'était pas de ma faute", ...

En France, le phénomène est encore minime mais quelques tweets sont toutefois publiés.

 

 

Crainte de dérapages

Le mouvement prend de l'ampleur et inquiète certains. La justice pourrait s'exercer sur les médias sociaux plutôt que devant les tribunaux. Un groupe féministe radical québécois, Alerta feminista, a déjà pris les devants en dénonçant un potentiel agresseur sexuel sur sa page Facebook. Le nom et le prénom de l'agresseur supposé est publié, ce qui inquiéte certains juristes qui craignent un dérapage.

Par Julie Davico-Pahin / le 26 novembre 2014

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