Bachar el-Assad bombarde Instagram

Par Augustin Arrivé / le 30 juillet 2013
Bachar el-Assad bombarde Instagram
Il a du temps, le tyran. Entre deux bombardements, le boucher de Damas prend des photos et les poste sur Instagram. Son compte existe depuis une semaine, et compte déjà plus d'un millier d'abonnés. Il y apparaît comme un grand humaniste.

 

En matière de photos de dictateurs, on connaissait déjà le tumblr parodique sur Kim Jong-Il puis celui sur son rejeton Kim Jong-Un, tous les deux fixant bêtement des objets en tous genres. On avait bien ri. Bachar el-Assad, lui, a pris les devants. Plutôt que d'attendre qu'on en crée un pour lui, il a décidé de poster lui-même ses clichés sur le net.

 

 

Voilà donc le dictateur syrien sur Instagram. Son compte s'appelle Syrianpresidency, il a été créé la semaine dernière et propose pour l'instant un peu plus d'une soixantaine de photographies. Bachar au chevet d'un blessé, Bachar avec l'équipe de foot de Syrie, Bachar avec des orphelins, Bachar qui sert la pogne d'un leader orthodoxe...

 

Nous ne sommes pas là en compagnie d'un tyran sanguinaire ni d'un militaire hargneux, mais bien aux côtés d'un humaniste souriant, compatissant et populaire. Et son épouse est ravissante. Une bonne partie des posts lui est consacrée. Asma pose au milieu d'étudiants qui la kiffent ou en train d'offrir des poupées à des petites filles. So cute !

 

 

La propagande pro-régime sur le net n'est pas nouvelle. Nous vous avions déjà parlé ici de la Syrian Cyber Army, qui, dès les premiers mois du soulèvement, postait des vidéos sur la toile pour tenter de convaincre l'opinion de la légitimité des violences contre les rebelles. La différence, c'est que, cette fois, l'équipe du dictateur ne se cache pas derrière des soutiens anonymes.

 

Mais le problème des réseaux sociaux, c'est qu'on s'expose aux commentaires des internautes. Et même si Damas veille à effacer les critiques et les insultes, le pôle web du boucher n'est pas assez rapide. On peut facilement lire des "murderer" et autres "bastard" avant qu'ils soient censurés.

 

 

Au fait, ça ne se voit pas sur les photos, mais il y a encore eu au moins onze enfants assassinés dans des bombardements, ce mardi, à Alep et Homs, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Combien d'internautes vont "like this" ?

 

Par Augustin Arrivé / le 30 juillet 2013

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