Attentats de Paris : gaffe à l'intox

Par Sébastien Sabiron / le 16 novembre 2015
Attentats de Paris : gaffe à l'intox
C'est malheureusement devenu une triste habitude. Dès les premières heures des attaques du 13 novembre, de fausses informations ont été sciemment (ou non) partagées sur les réseaux sociaux. L'occasion de rappeler qu'un grand nombre de partages ne garantit pas la véracité d'une info.

Vendredi 13 novembre. La France entière est sidérée, vissée à son écran de télé, scotchée sur les réseaux sociaux. On actualise un flot ininterrompu de tweets surréalistes. Une violence sourde au cœur de Paris, les portraits déchirants de cette jeunesse souriante dont les proches n'ont pas de nouvelles.

Et puis, dans le lot, certains tweets sèment la confusion, comme celui-ci : 

En réalité, les fusillades aux Halles, au Trocadéro, à République et à Belleville, bien que plusieurs fois rapportées sur Twitter, n'ont jamais eu lieu.

Exemple typique d'une information présentée comme vérifiée, "confirmée", mais basée sur un faisceau de "rumeurs concordantes", agravées par la panique qui règne alors à Paris.

Climat de psychose

Dimanche 15 octobre, alors que certaines familles n'ont toujours pas de nouvelles de leurs proches, Paris panse ses plaies. Les parisiens sortent, s'attablent en terrasses, se recueillent sur les lieux des attentats.

En début de soirée, plusieurs mouvements de panique sont signalés, dans le quartier République et dans celui du Marais, en hyper-centre. Dans un cinéma de l'est parisien, les spectateurs quittent la salle en plein milieu d'une projection de Spectre, le dernier James Bond.

 
 

Les twittos signalent des policiers qui courent dans la rue, des hélicoptères survolent la zone, les passants se réfugient à l'intérieur des bars. Fausse alerte. La panique aurait été provoquée par l'explosion d'une ampoule dans le Marais, peut-être des pétards à République.

Mais l'emballement sur Twitter n'y est sans doute pas étranger, même s'il ne s'agit pas ici de rumeurs propagées intentionnellement.

Un Bataclan plus faux que nature

Au soir des attentats, alors que les médias annoncent un premier bilan terrible au Bataclan, un internaute croit bon de partager une photo qu'il présente comme l'intérieur de la salle de concert, quelques minutes avant la fusillade. La photo est relayée plus de 1.400 fois.


Si le groupe sur scène est bien les Eagles of Death Metal, la photo n'a pas été prise au Bataclan, mais lors d'un concert à l'Olympia Dublin, le 9 novembre et postée par le groupe la veille du drame. Les vraies photos du concert au Bataclan, avant que la mort ne s'y invite sont visibles ici.

Ce monsieur souriant n'est pas l'un des kamikazes

Parmi les photos qui ont circulé samedi après-midi, celle de cet homme qui pose tout sourire, le Coran à la main avec son gilet explosif. Il est présenté comme un "sikh (religion pratiquée en Inde) converti à l'islam"'.


Bon, il suffit de regarder un peu la photo pour se douter que quelque chose cloche. Il ne s'agit en fait que d'un grossier montage photoshop sur une photo volée :


Pas de scène de liesse à Gaza

Intox classique lorsqu'un drame frappe l'occident, plusieurs compte Twitter on relayé de supposées "scènes de liesse à Gaza", pour célébrer les attentats. Fake grossier et malodorant.


Pas de virus "On est tous Paris"

Vous avez peut-être reçu ce message par SMS ou sur Facebook. Il recommande aux internautes de ne pas ouvrir un mail intitulé "On est tous Paris", avec une photo de bébé. Le mail en question contiendrait un virus capable de prendre le contrôle à distance des appareils électroniques. Une information soit disant "confirmée sur Europe 1".


Sauf qu'Europe 1 n'a jamais confirmé cette info. Il s'agit d'un "hoax", un canular reconnaissable à sa syntaxe et son orthographe hasardeuse. Le site Hoaxbuster avait repéré ce même canular peu après l'attentats de Charlie Hebdo.

La rumeur peut coûter cher

Nous pourrions aussi citer les rumeurs de course poursuite à Boulogne Billancourt, d'attaque terroriste à Meulun, de cet incendie de représailles dans la jungle de Calais etc etc. Face aux rumeurs, le message de la police est clair :

 


Car diffuser des rumeurs et de fausses informations peut coûter cher : jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

 

 


 

Image d'illustration : © Jean Julien

Par Sébastien Sabiron / le 16 novembre 2015

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