Safety-check : après l'attentat au Pakistan, Facebook s'excuse d'avoir bugué

Par Augustin Arrivé / le 28 mars 2016
Après l'attentat au Pakistan, Facebook s'excuse d'avoir bugué
Le réseau social de Mark Zuckerberg a déclenché hier son "safety-check", permettant de signaler à nos proches que nous sommes en sécurité. Problème : l'attentat ensanglantait le Pakistan, mais un bug proposait aux internautes des antipodes de se signaler à l'abri.

Nous avons rapidement pris des mesures pour résoudre ce problème et nous présentons nos excuses à tous ceux qui ont reçu cette notification par erreur.


 

 

Facebook n'est pas habitué à s'excuser. Le message de contrition publié ce matin est en ce sens assez exceptionnel. Il est à la mesure du bug remarqué hier sur toute la planète, et qui a fait réagir des milliers d'internautes, à commencer par nos propres équipes, à Mouv' :

 

 

 

 

L'affaire est ancienne. Au lendemain des attentats de Paris, Facebook s'était fait allumer par la planète web. Prompt à déclencher son bien pratique "safety-check" pour permettre aux Parisiens indemnes de rassurer leurs proches, le réseau social n'avait pas moufté pour aider les Libanais, victimes, la veille (12 novembre), d'un attentat sanglant. Vue de la Silicon Valley, la vie d'un Libanais aurait-elle moins de valeur que celle d'un Français ?

Même polémique le 13 mars dernier lors de deux attentats simultanés : Grand-Bassam (en Côte d'Ivoire, 19 morts) et Ankara (en Turquie, 37 morts). Là encore, si le système de signalement des rescapés avait été activé dans la capitale turque, les internautes qui avaient réchappé au massacre de la plage ivoirienne avaient, eux, dû se débrouiller seuls, à l'ancienne.

Après les bombes de Bruxelles mardi, Facebook a pensé à déclencher ce dimanche 27 mars son safety-check à Lahore, au Pakistan. C'était le minimum, sachant que le bilan provisoire de cette attaque-suicide dans un parc atteint 72 morts, dont de nombreux enfants. Mais bizarrement, la "zone affectée" était fort mal délimitée. Un bug qui ne s'était pas produit lors des drames occidentaux. Cette journaliste egyptienne, concernée par le bug, résume assez bien l'équation :

 

 

"La tentative par Facebook de prouver que ses services répondent sans différenciation à tous les désastres en sur-activant son safety-check a abouti à un bug qui a éclipsé la tragédie de Lahore." 

Au moins, de nombreux internautes ont été mis au courant du drame. Pas sûr que, sans ça, les médias européens en auraient parlé du Pakistan. On tape sur Facebook, sans doute à juste titre, mais cette couverture médiatique fluctuante peut être aussi discutée.

 


Illustration de couverture : capture d'écran Google Maps pour Lahore, Pakistan

Par Augustin Arrivé / le 28 mars 2016

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