Anarchy in the musée

/ le 21 octobre 2013
Anarchy in the musée
Épingles à nourrices et blousons cloutés, le punk prend ses quartiers à la Cité de la Musique à Paris. Jusqu'en janvier 2014, l'expo Europunk décrypte les origines du mouvement, son imagerie, sa musique, son héritage. Le "No Future" a encore de l'avenir.

 

Si Sid Vicious des Sex Pistols était encore de ce monde, on se demande comment il aurait pris la nouvelle. Le punk s'expose dans des vitrines, bien présenté, bien rangé. Traduction possible : le punk est mort et muséifié. Europunk démontre pourtant à quel point cette imagerie résonne encore aujourd'hui, dans la mode, la musique, les magazines.

Le punk c'est quoi pour vous ? Echos de l'expo en cliquant ci-dessus © Sébastien Sabiron, Corinne Pelissier
 
Créée à Rome pour la Villa Médicis, Europunk s'articule autour d'une "timeline" qui retrace la décénnie 1970-1980 : des Sex Pistols jusqu'à Joy Division, en passant par le collectif de graphistes français Bazooka (emmené par Kiki Picasso).

 

Le punk dans la presse anglaise / Publication du Collectif Bazooka / Affiche des Clash © Sébastien Sabiron

  
Entre les grandes dates du mouvement (sortie du London Calling des Clash, décès de Sid Vicious par overdose à 22 ans, simulacre de masturbation par Nina Hagen à la télé autrichienne...), l'expo décrit le contexte politique de l'époque, les tensions sociales au Royaume Uni qui ont incité les punks à se poilitiser.

A gauche : mur des Pistols / A droite : mur du Clash © Sébastien Sabiron, Le Mouv'

    
Car si le mouvement s'est bâti en opposition à l'art (pas besoin d'être musicien pour former un groupe, inutile d'avoir fait les beaux arts pour créer une pochette d'album...), il est un courant esthétique à part entière. Pour le commissaire de l'expo Eric de Chassey, le punk est même "l'une des dernières avant-garde du XX ème siècle."

Crass, collectif punk anti-capitaliste © Sébastien Sabiron, Le Mouv'

 

"Seuls les anarchistes sont beaux". Chemise Vivienne Westwood

 

 

 

Europunk fait la part belle à cette imagerie, inspirée du situationnisme, à base de collages et de détournements.

Parmi les figures iconiques du mouvement : la pochette dadaïste du God Save The Queen, des Sex Pistols. On y découvre la fameuse typo "lettre de rançon" créée par Jamie Reid, associée à jamais à l'esthétique punk.

 




 

Les joyaux de la couronne © Sébastien Sabiron, Le Mouv'

 
L'expo se prolonge avec un atelier "play it", histoire de tater les rudiments du punk sur de vrais instruments et une très belle galerie photos en noir et blanc réunies par le collectif Belle Journée en perspective.

Belle journée en perspective © Sébastien Sabiron, Le Mouv'


L'expo est touffue, la visite passionnante. On en ressort avec une certitude : définitivement, punk's not dead.

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)

En marge de l'expo Europunk, un cycle de concerts :

/ le 21 octobre 2013

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