Ali, 21 ans, condamné à mort par crucifixion

Par Sébastien Sabiron / le 23 septembre 2015
Ali Mohammed, 21 ans, condamné à mort par crucifixion
Arrêté à 17 ans lors d'une manifestation anti-gouvernementale en Arabie Saoudite, Ali Mohammed al-Nimr a été condamné à mort par décapitation et crucifixion. Il pourrait être exécuté jeudi 24 septembre 2015.

Arrêté le 14 mai 2012 dans la province de Qatif, Ali Mohammed al-Nimr est accusé de "participation à des manifestations illégales".

Selon l'International Business Times britannique, la justice saoudienne lui reproche d'avoir lancé un coktail molotov sur la police, d'avoir encouragé ses amis à manifester "grâce à son Blackberry" et d'avoir expliqué aux autres "comment apporter les premiers secours" aux manifestants blessés.

Ali Mohammed al-Nimr, mineur au moment de son arrestation / Facebook


Aujourd'hui agé de 21 ans, Ali pourrait être exécuté dans les tous prochains jours, tous ses recours étant épuisés. Le mode d'exécution choisi est particulièrement cruel. Le jeune homme doit être décapité, sa dépouille clouée sur une croix et exposée en place publique jusqu'au pourrissement des chairs.

Justice expéditive

Selon l'ONG de défense des droits de l'homme Reprieve, le jeune homme "a été torturé et contraint de signer de faux aveux", des aveux sur lesquels son procès a entièrement reposé. L'ONG indique également qu'il a été maintenu pendant deux ans en détention provisoire sans avoir pu communiquer avec son avocat.

Ali al-Nimr doit sans doute son sort funeste à son ascendance familiale. Le jeune homme est le neveu du Sheikh Nimr Baqir al-Nimr, un chef religieux chiite. Lui aussi condamné à mort pour avoir participé à des manifestations, Nimr al-Nimr est un fervent opposant à la monarchie sunnite au pouvoir à Riyad. 

Ali al-Nimr et son oncle le sheik Nimr al-Nimr / Facebook
 

Minoritaires en Arabie saoudite, les chiites sont présentés par la dynastie régnante comme des hérétiques ou des agents à la solde de l'Iran, principal rival de Riyad.

 

Frénésie d'exécutions

D'après Amnesty International, l'Arabie Saoudite a mis à mort plus de 2.200 personnes ces trente dernières année. L'ONG dénonce une "frénésie" et des "procès iniques" bafouant "les normes internationales". Selon Amnesty, la monarchie wahhabite saoudienne a exécuté au moins 175 personnes entre juin 2014 et juin 2015, soit près d'une exécution tous les deux jours.

Sur Facebook, une page de soutien au jeune homme condamné et à son oncle a déjà recueilli près de 15.000 signatures. Sur Twitter, les soutiens s'expriment via le hashtag #AliMohammedAlNimr, qui appelle les grandes puissances à réagir.


Pour le moment, le Quai d'Orsay ne s'est pas exprimé sur la question. Il faut dire que le régime saoudien est un allié de longue date de la France. Un allié infréquentable sans-doute, mais un allié malgré tout. 

 


 

Images d'illustration : page Facebook de soutien "Al-Nimr Team".

Par Sébastien Sabiron / le 23 septembre 2015

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