Ainsi slament-ils

/ le 06 juin 2013
Ainsi slament-ils
Paris accueille la 8ème coupe du Monde de slam jusqu'au 9 juin. Vingt nationalités partagent l'amour des mots qui sonnent et soufflent un vent de poésie polyglotte dans le quartier de Bellevile. Testé et approuvé par le Mouv'.

 

Des mots ciselés, scandés, martelés, susurés. Des mots qui jouent, des mots qui choquent, des mots qui claquent. Sur la scène de l'espace Belleville, déco réduite à sa portion congrue (un micro, une plante verte, trois projos) les slammeurs ont trois minutes chrono pour faire vivre leur prose.

Dans la salle, quelques spectateurs jouent les juges et lèvent leur pannonceau après chaque prestation, façon patinage artistique. Les scores sont souvent avantageux, mais la compète est sérieuse. Après chaque rotation, Pilote le Hot, lui même slamer et maître de cérémonie rappelle l'une des règles d'or du slam  :

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"Netherlands : nine points six", par Sébastien Sabiron

Les participants de cette joute poétique viennent d'Europe, d'Afrique et du continent américain. Ils déclament leur slam en VO, surtitré en trois langues sur écran géant. Pour le spectateur, la gymnastique est inédite : lire les sous-titres et entrer dans l'histoire ou regarder le slameur en se laissant bercer par la musique d'une langue inconnue.

Damien de l'Île Maurice : grand corps blessé

C'est après une vilaine blessure que cet athlète mauricien de 20 ans est tombé dans le slam. Référence évidente à Grand Corps Malade, qui a popularisé le slam en 2006 dans l'hexagone. Ses textes parlent de viol, d'homosexualité, de guerre civile... Un slam engagé, mais déclamé en mode "sensible". Car Damien est aussi un grand romantique : 

Damien Edouard, par Sébastien Sabiron

Damien (alias : "l'amant poétique", son nom de scène) espère que le slam sera bientôt inclus dans le cursus scolaire mauricien. Dans son pays, l'art oratoire est cultivé de génération en génération. Il projette de s'installer en France pour reprendre ses études, avant de revenir promouvoir le slam dans les écoles de son île.
Laura des Pays Bas : archéologue et poétesse

Par sa présence fragile, sa voix douce et sa diction posée, la jolie trentenaire capte immédiatement l'attention du public. Laura ne slame que depuis septembre 2012, mais elle a très vite chopé le virus de la scène. Et des mots :
Laura Van Der Haar, par Sébastien Sabiron

 

Aux Pays Bas, la scène slam est relativement développée, avec des performances dans les cafés, dans la rue, dans les festivals... C'est d'ailleurs en Europe du nord que les premiers événements slam sont apparus, sept ans après les Etats Unis.

Simon du Québec : just a gigoloz

Habitué de la scène, habité lorsqu'il est sur scène, Simon est un artiste multicarte. Etudiant en chant classique, il est aussi membre du quatuor vocal les gigoloz. Pour lui le slam est un exutoire, le moyen d'exprimer sa rage en public. Et le trentenaire venu de la Belle Province y met toute son âme :

Simon Roberts, par Sébastien Sabiron

 

Si vous êtes branchés poésie en VO, deux rendez-vous à ne pas manquer à l'Espace Belleville (juste à côté du métro) :

  • Deuxième demi-finale coupe du monde : vendredi 7 juin, 19h30
  • Finale de la coupe du monde : samedi 8 juin, 21h00

 

Parallèment, le 10 ème grand slam national se déroule aussi à Belleville tout ce week-end. C'est par ici que ça se passe.

 
 
Textes et Photos : Sébastien Sabiron (@sebsabiron)

Prise de Son : Benjamin Glaise (@BenjaminGlaise)

/ le 06 juin 2013

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