A Martin Sharp, le rock reconnaissant

/ le 02 décembre 2013
A Martin Sharp, le rock reconnaissant
Il a su mettre en images la sensation d'un trip au LSD. Le graphiste australien Martin Sharp est mort dimanche à l'âge de 71 ans. Il avait réalisé plusieurs pochettes de disques, et des portraits cultissimes de Jimi Hendrix et de Bob Dylan.

 

Il était un pop artiste complet. Graphiste, réalisateur, dessinateur de BD, Martin Sharp incarnait l'imagerie psychédélique par excellence. Elève de la prestigieuse National Art School de Sydney, il se distingue par son coup de crayon très mature et un talent inné de "cartooniste". Mais Marty choisit la voie de la provoc'.

Martin Sharp à la fin des 60's
 
 
 
 
 
 
 

En 1963, il fonde le magazine underground "Oz" avec Richard Neville et Richard Walsh.

Le trio s'attire immédiatement les foudres des censeurs avec une couverture qui les montre en train d'uriner sur une oeuvre du scultpteur australien Tom Bass, qu'ils qualifient de "pissotière en bronze".

 

 

 

 

 

Les trois compères sont condamnés à de la prison ferme en tant qu'"éditeurs d'une publication obscène". mais relaxés en appel sous la pression populaire. Ils s'enfuient au Royaume Uni et y lancent "London Oz" qui devient l'un des pilliers de la contre-culture britannique, frondeuse et anticonformiste.

Au gauche, la couverture du scandale. A Droite, premières volutes psychédéliques.


Durant ses premières années londonniennes, Sharp vit à Chelsea, dans une communauté arty et bohème. L'un de ses colocs s'appelle Eric Clapton. Sharp coécrit le texte de Tales of Brave Ulysses, un "instant classic" de Cream, le supergroupe de Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker.

Mais surtout, il dessine la pochette de leur album Disraeli Gears, qui figure désormais en bonne place dans le panthéon du rock.

Deux pochettes de Cream par Martin Sharp © Polydor


Influencé par Van Gogh, le vaudeville et le cinéma muet, Martin Sharp soumet les canons du classissisme (Mona Lisa, la voûte de la Chapelle Sixtine...) à son traitement psychédélique. Ses posters de Bob Dylan, Jimi Hendrix et Donovan contribuent à donner aux musiciens un statut d'icônes.

De gauche à droite : Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan

Revenu vivre à Sydney dans les années 70, l'artiste est chargé de la restauration de Luna Park, célèbre parc d'attraction de la capitale australienne. L'homme ne se prend pas au sérieux, se considérant avant tout comme un artiste commercial. Certaines de ses créations comme les affiches du Nimrod Theatre de Sidney en font pourtant l'une des figures majeures du pop art.

Amateur de LSD dans les années 70, amoureux de la nicotine depuis toujours, Martin Sharp a été emporté par un emphysème pulmonaire. On vous offre un florilège de ses pépites pop.

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)

Martin Sharp, graphiste psychédélique
/ le 02 décembre 2013

Commentaires