A la e-traque du vol MH370 pour Pékin

/ le 11 mars 2014
A la e-traque du vol MH370 pour Pékin
Volatilisé, évaporé : le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a disparu des écrans radars le samedi 8 mars, avec à son bord 227 passagers. Tandis que l’angoisse des familles culmine et que les enquêteurs bottent en touche, une société d’imagerie satellite invite les internautes à scruter le globe pour retrouver la trace du vol MH370 pour Pékin. Du crowdfunding humanitaire, en somme. Et un joli coup de pub.

 

Le FBI, Interpol, l’armée chinoise. Neuf Etats souverains. Des hélicoptères, des vaisseaux de guerre, des avions. De maigres espoirs, des fausses pistes. Et des méthodes… peu orthodoxes : à peine la disparition du vol MH370 pour Pékin commençait-elle à catalyser les hypothèses les plus dingues autour de son mystère qu’une société proposait aux internautes du monde entier de participer aux recherches.

Deux satellites braqués sur le Golfe de Thaïlande

Les plus curieux ont peut-être déjà tenté de scruter la zone de la disparition de l’appareil sur Google Earth : qu’ils sachent que leur initiative est vouée à l’échec, puisque les images diffusées ne le sont pas en temps réel.

Assaillie, la plate-forme était déjà saturée et inaccessible au lendemain de sa mise en ligne. (capture d'écran)

C’est là que vient s’inviter l’initiative de la société d’imagerie Digital Globe, qui a orienté deux de ses satellites sur le Golfe de Thaïlande où le Boeing a disparu. Et invite les internautes du monde entier à se connecter à sa plate-forme collaborative Tomnod, pour scruter le flux en temps réel des images satellites et signaler en ligne tout élément suspect susceptible d’aider à l’avancée des recherches.

Du crowdfunding humanitaire à l'échelle planétaire, donc. Il fallait y penser.

Le soupçon du coup de pub un peu cynique plane déjà, puisque les chances de retrouver la trace de l'appareil par ce moyen sont infinitésimales. (capture d'écran Tomnod)

L’aiguille, la botte, le foin… et des bonnes volontés

Les mauvaises langues diront que c’est un joli coup de pub, qu’il surfe sur la mort probable de nombreux passagers pulvérisés dans l’atmosphère. Certains leur répondront que, dans le fond, pour infime que soit la chance de retrouver la piste de l’appareil, si infinitésimale qu’elle soit, elle mérite d’être tentée.

A ces derniers, les pessimistes rétorqueront que, même à plusieurs dizaines de milliers de claviers, il s’agit d’un travail de fourmi, que retrouver une épave de Boeing dans 3.200 kilomètres carrés est assez vain. Et qu’il faudrait encore que ce soit le bon, qu’il n’ait pas été englouti, que…

La plate-forme saturée

Les Cassandre n’auront pas empêché les bonnes volontés d’un jour de mettre la main à la pâte : quand Digital Globe s’attendait à une participation de 10.000 utilisateurs potentiels, la plate-forme, mise en ligne lundi, était déjà saturée mardi en fin d’après-midi.

Ludovic PAUCHANT

/ le 11 mars 2014

Commentaires